05.08.2020 à 11:48

CoronavirusLes touristes de retour d’Espagne seront en quarantaine

L’OFSP a annoncé que l’Espagne va rejoindre la liste des pays à risque de la Suisse en matière de coronavirus. Les femmes enceintes font désormais partie des personnes à risque.

La Suisse a rajouté l’Espagne à sa liste des pays à risque.

La Suisse a rajouté l’Espagne à sa liste des pays à risque.

KEYSTONE

Les voyageurs de retour d’Espagne devront se mettre en quarantaine en Suisse. L’Espagne a été ajoutée par l'Office fédéral de la santé publique à la liste des pays avec un risque élevé d’infection au Covid-19. Les Baléares et les Canaries ne sont pas concernés. Ne sont pas concernés non plus les voyageurs en transit durant moins de 24h en Espagne, à l’image des voyageurs qui traversent la péninsule ibérique pour rentrer du Portugal, a précisé Patrick Mathys, chef de la section crise à l’OFSP.

La mesure entre en vigueur dès samedi, soit depuis samedi à minuit, a annoncé le Département fédéral de l’intérieur. Le taux de contamination pour les Baléares se situe à environ 43 pour 100’000 habitants et d’environ 6 pour 100’000 pour les Canaries. Désormais, 46 pays et régions se trouvent sur la liste à risque.

Les Bahamas, la Guinée équatoriale, la Roumanie, Sao Tomé-et-Principe, Singapour et Sint Maarten figurent nouvellement sur la liste des pays à risque. La Suisse a retiré l’Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis et la Russie.

Depuis le 6 juillet, toute personne franchissant la frontière depuis un État ou un territoire avec un risque élevé d’infection doit se mettre en quarantaine durant dix jours. Ces personnes doivent s’annoncer dans les deux jours auprès des autorités cantonales. Celles-ci contrôlent sporadiquement le respect de la quarantaine. Actuellement, 16’269 personnes sont concernées.

Femmes enceintes

Les femmes enceintes figurent par ailleurs dès maintenant sur la liste des personnes à risque, a indiqué Patrick Mathys, responsable de la section Gestion de crise et collaboration internationale à l'OFS. Selon les indications de la Société suisse de gynécologie, elles ont en effet plus de risques de connaître une évolution grave de la maladie.

«Il existe encore beaucoup d'inconnues», a reconnu Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle de l'infection de l'OFSP. «Il semble que le risque soit entre 1,5 et 5 fois plus élevé pour les femmes enceintes que pour celles du même âge de devoir être hospitalisées aux soins intensifs».

Les risques pour le nouveau-né sont aussi encore peu clairs. «L'accouchement pourrait devoir être provoqué, ce qui représente un risque pour lui. Le placenta peut aussi avoir été infecté, ce qui peut signifier moins de nourriture pour le foetus et un trouble de croissance.»

Pas de crainte de perdre son salaire

Les autorités ont demandé mercredi aux voyageurs concernés de respecter au mieux l’obligation de quarantaine. «En mars, les prestations de pertes de gain ont été étendues aux contaminations non fautives par le Conseil fédéral», a rappelé Michael Schöll, le vice-directeur de l’Office fédéral de la justice. Ceci afin que chacun respecte au mieux les consignes d’isolement sans craindre de perdre son salaire.

«Personne ne devrait être tenté d’éluder la quarantaine pour des raisons financières», a-t-il déclaré devant la presse. «Restez à la maison et avertissez votre employeur», a-t-il ajouté à l’intention notamment des personnes qui rentreront d’Espagne à partir de samedi.

En cas de quarantaine non fautive, et même si la question n’a pas encore été réglée par les tribunaux, le versement du salaire est assuré. C’est le cas pour les personnes qui se trouvaient déjà en Espagne lorsque le pays a été placé sur la liste, notamment.

Pour les personnes qui ne peuvent pas travailler à domicile, le Conseil fédéral a décidé que le versement des prestations pour perte de gain est assuré pendant dix jours. Et les employeurs se sont montrés «accommodants», selon Michael Schöll.

Situation toujours tendue

De façon générale, la situation reste tendue, avec encore près de 200 nouveaux cas aujourd'hui (181), a affirmé Patrick Mathys. Il y a toutefois une certaine stabilisation, avec un taux de positivité actuellement à 2,2%, contre 3,5% ces dernières semaines.

Concernant une éventuelle harmonisation des mesures au niveau fédéral, Patrick Mathys s'est dit confiant que les cantons agiraient en conséquence si la situation devait s'aggraver. Les cantons sont encore en mesure de tracer les contacts des personnes infectées, mais pourraient être dépassés si le nombre de cas augmente beaucoup, a pointé le responsable.

Dans les transports publics, la mobilité est revenue à ce qu'elle était avant le confinement, à l'exception de certaines gares. Entre 80 et 100% des voyageurs portent le masque.

L’appli SwissCovid téléchargée 2,15 millions de fois

L’application SwissCovid a été téléchargée 2,15 millions de fois. Et 327 annonces de contamination ont été faites, ce qui correspond à 10% de toutes les personnes positives testées au cours de la période correspondante.

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) n’est pas satisfait de cette proportion, a dit Sang-Il Kim, responsable de la section transformation numérique de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) mercredi devant la presse à Berne. «Nous voulons avoir plus de monde avec nous».

«Nous travaillons toujours sur l’échange international de données avec les applications des pays voisins et autres pays de l’UE. Alors que l’une d’elles est techniquement à bout touchant, différentes questions doivent encore être résolues au niveau politique», selon le responsable.

Connaître les lieux de contamination est une question centrale à ce stade de l’épidémie. «Ce que vous pouvez voir avec les chiffres que livre l’OFSP chaque jour, c’est le nombre de personnes isolées et en quarantaine. Nous l’obtenons grâce à la recherche des contacts», a dit le spécialiste.

«Jusqu’à présent, nous n’avons pas d’autres données sur les lieux d’infection. Nous espérons maintenant avoir beaucoup plus d’informations sur la situation épidémiologique actuelle. Cela inclut le lieu de l’infection, s’il est connu», a-t-il encore relevé.

Zurich surveille les voyageurs de retour de pays à risque

Le canton de Zurich saisit les données de tous les passagers atterrissant en Suisse en provenance d'un pays à risque et qui doivent se soumettre à une quarantaine. Ces données de contact sont transmises à la cellule de traçage cantonale.

Le conseiller d'Etat zurichois Mario Fehr, en charge de la sécurité, a informé mercredi les médias à l'aéroport de Zurich sur ces mesures. Il est décisif qu'elles soient scrupuleusement respectées: c'est le seul moyen de protéger la population du Covid-19.

Les coordonnées des personnes soupçonnées de ne pas s'être annoncées auprès des autorités sanitaires ou de ne pas respecter les dix jours de quarantaine seront communiquées à la police. Si le non-respect de ces mesures s'avère, une dénonciation pénale est possible, avec à la clé une amende allant jusqu'à 10'000 francs.

(ATS/NXP)

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