Espagne - Les travailleuses du sexe pourront se syndiquer
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EspagneLes travailleuses du sexe pourront se syndiquer

Le Tribunal suprême espagnol a donné tort au gouvernement, qui s’opposait à la création d’un syndicat des travailleuses du sexe. La Cour estime les statuts d’Otras «conformes au droit».

Selon le Tribunal suprême espagnol, les travailleurs du sexe «jouissent du droit fondamental à la liberté syndicale et ont le droit de se syndiquer».

Selon le Tribunal suprême espagnol, les travailleurs du sexe «jouissent du droit fondamental à la liberté syndicale et ont le droit de se syndiquer».

AFP

La justice espagnole a validé la création du premier syndicat de travailleuses du sexe d’Espagne, déboutant ainsi le gouvernement de son recours pour faire annuler la naissance de cette organisation, a annoncé, mercredi, le Tribunal suprême, la plus haute juridiction espagnole.

Mis en place dans la plus grande discrétion à l’été 2018, ce syndicat baptisé Otras (Organisation des travailleuses du sexe) avait été directement contesté par le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, qui avait obtenu de la justice l’annulation de ses statuts, trois mois à peine après sa création.

Un droit «fondamental»

Le Tribunal suprême a donné raison au syndicat, estimant, dans sa décision, que ses «statuts contestés» sont «conformes au droit» et que les travailleurs du sexe «jouissent du droit fondamental à la liberté syndicale et ont le droit de se syndiquer».

Le tribunal a donc cassé la décision de novembre 2018, qui avait annulé les statuts d’Otras, arguant à l’époque que l’autoriser reviendrait à «admettre que le proxénétisme est une activité légale». Contacté par l’AFP, le syndicat désormais autorisé n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.

Ni légale, ni illégale, juste tolérée

En août 2018, Otras avait reçu un feu vert administratif de la direction générale du ministère du Travail et ses statuts avaient été publiés au journal officiel au lendemain du départ en vacances du gouvernement. Mais trois semaines plus tard, ce dernier, qui se présente comme «féministe et partisan de l’abolition de la prostitution», selon les termes d’un tweet à l’époque de Pedro Sanchez, avait entamé les démarches pour le faire annuler.

En Espagne, la prostitution n’est ni légale ni illégale, simplement tolérée, et les très nombreuses maisons closes sont autorisées.

(AFP)

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