14.03.2015 à 08:03

IslamismeLes USA ne veulent pas l'effondrement du régime syrien

L'EI et d'anciens militants d'Al-Qaida, sont «en phase ascendante», selon le directeur de la CIA.

John Brennan, directeur de la CIA.

John Brennan, directeur de la CIA.

Keystone

Les Etats-Unis ne veulent pas d'un effondrement du gouvernement et des institutions en Syrie qui laisserait le champ libre aux islamistes, a expliqué vendredi 14 mars le directeur de la CIA. Des «éléments extrémistes», dont l'EI et d'anciens militants d'Al-Qaida, sont «en phase ascendante», selon lui.

«La dernière chose que nous voulons, c'est leur permettre de marcher sur Damas», a indiqué John Brennan à New York devant le centre de réflexion Council on Foreign Relations. «C'est pourquoi il est important de soutenir les forces de l'opposition syrienne qui ne sont pas extrémistes».

«Aucun d'entre nous, Russie, Etats-Unis, coalition (contre l'Etat islamique), Etats de la région, ne veut un effondrement du gouvernement et des institutions politiques à Damas», a-t-il précisé. La communauté internationale est favorable à une solution reposant sur «un gouvernement représentatif qui essaiera de répondre aux revendications à travers le pays», a-t-il noté.

Les Etats-Unis sont en train de mettre en place en Turquie un programme de formation militaire et d'équipement de rebelles de l'opposition modérée syrienne. Pour le Pentagone, la mission militaire de ces Syriens sera avant tout de défendre leurs communautés et combattre l'EI.

Réseaux sociaux

Interrogé auparavant en direct sur la chaîne publique PBS, le chef de la CIA a estimé que le fait que l'EI utilise les réseaux sociaux représentait un changement par rapport aux autres organisations extrémistes.

Al-Qaïda et les autres mouvements islamistes par le passé avaient des structures «discrètes» qui pouvaient être «contenues», selon John Brennan. L'EI exploite lui les réseaux sociaux pour répandre sa propagande et recruter des militants, d'une manière qui est difficile à repérer et à contenir. «L'EI montre un développement très inquiétant. C'est un phénomène qui fait boule de neige en termes de résonance et d'attrait», a-t-il expliqué.

Interrogé sur une potentielle coopération entre Washington et Téhéran en Irak, John Brennan a suggéré que les deux pays collaboraient indirectement contre un ennemi commun, l'EI.

Mais les Etats-Unis doivent s'assurer que l'Iran - chiite comme la majorité des gouvernements irakiens de ces dernières années - ne fasse pas de «manipulation politique» en Irak qui puisse nuire à la stabilité du pays, a-t-il ajouté.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!