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CULTURELes œuvres de Phill Niblock à Lausanne

Le centre d'art contemporain lausannois Circuit et le Musée de l'Elysée s'associent pour présenter la première rétrospective consacrée à l'Américain Phill Niblock.

L'exposition réunit dès mercredi ses photographies, films, installations et l'intégralité de sa musique enregistrée.

Né en 1933, Phill Niblock propose depuis plus de 50 ans une oeuvre pluridisciplinaire. «Associant musique minimaliste, art conceptuel, cinéma structurel, art systématique ou encore politique, Niblock s'active à transformer notre perception et notre expérience du temps», expliquent les deux institutions.

Reconnu comme l'un des grands compositeurs expérimentaux actuels, Phill Niblock débute sa carrière artistique comme photographe. Originaire d'Indianapolis, passionné de jazz, il s'installe à New York en 1958. Dès 1960 et pendant quatre ans, il se spécialise dans les portraits de musiciens de jazz tels Charles Mingus, Billy Strayhorn et Duke Ellington.

A écouter fort

Au milieu des années 1960, il passe de la photographie au film et devient caméraman pour les danseurs et chorégraphes du Judson Church Theater. A partir de 1968, Niblock se consacre à la musique et compose ses premières pièces qui «doivent être écoutées à fort volume pour en explorer les surharmoniques».

Parallèlement, son oeuvre photographique dépeint l'architecture et l'urbanisme new-yorkais, en particulier les édifices abandonnés. Niblock s'engage également dans la production d'images en mouvement au travers de séries de films et suites de diapositives. Il associe ses productions visuelles à son oeuvre musicale pour créer des compositions architecturales et environnementales.

Les gestes du travail

A Circuit, la série de films «The Movement of People Working» (Le mouvement des gens qui travaillent) est présentée pour la première fois dans son intégralité, rééditée et remasterisée pour l'occasion. Ces images -plus de 25 heures en tout- ont été filmées entre 1973 et 1991 au Pérou, au Mexique, en Hongrie, à Hong-Kong, en Arctique, au Brésil, au Lesotho, au Portugal, à Sumatra, en Chine et au Japon.

La caméra se concentre sur le travail pris comme une chorégraphie de mouvements et de gestes, sublimant la répétition mécanique et pourtant naturelle des gestes. Les films sont accompagnés par la collection de lentes compositions musicales évolutives de Niblock, à l'harmonie minimaliste, composées entre 1968 et 2012. Le volume sonore utilisé lors de la diffusion «offre une expérience viscérale».

(ats)

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