Suisse – Les «vaccinés contre le certificat Covid» lancent leur campagne

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SuisseLes «vaccinés contre le certificat Covid» lancent leur campagne

Le comité qui avait fait parler de lui en glissant des pubs sur des sites pornos dit oui à la vaccination mais non au certificat Covid en Suisse. Il a fait valoir ses arguments lundi.

par
Christine Talos
Le flyer du comité vaccinés contre le certificat Covid

Le flyer du comité vaccinés contre le certificat Covid

Un comité qui comprend notamment le Parti pirate a dit tout le mal qu’il pensait du certificat Covid à la presse lundi. Après avoir fait parler de lui récemment pour avoir publié des annonces contre le certificat sur des sites pornographiques, le comité «Vaccinés contre le certificat Covid» a lancé lundi sa campagne contre l’usage en Suisse du sésame de la Confédération, un sésame jugé «inefficace et discriminatoire».

Alors que la semaine nationale de la vaccination a démarré ce lundi, le comité a rappelé qu’il n’était pas opposé à la loi Covid en général, ni à la vaccination, qu’il soutient. Mais pour les plus de 50 ans et les personnes à risque surtout, ont souligné les intervenants, d’ailleurs tous vaccinés. «Si quelqu’un a peur de tomber malade, c’est mieux qu’il se fasse vacciner», estime ainsi Frank Scheffold, professeur de physique à l’Université de Fribourg. Quant aux autres, chacun doit être libre de son choix, en particulier les jeunes de moins de 30 ans. En outre, c’est au médecin de les aider à prendre la bonne décision, pas aux autorités, estime le groupe.

Pas de protection efficace

Le comité s’en prend surtout au certificat accusé de ne procurer aucune protection efficace et de donner aux gens un faux sentiment de sécurité les incitant à relâcher les gestes barrière. Depuis l’introduction de son exigence, on a vacciné au maximum 100’000 à 200’000 personnes de plus que ce que l’on aurait pu attendre de toute façon, selon Frank Scheffhold. Le certificat a mis les gens en colère au lieu de les motiver à se faire vacciner, estime-t-il.

En outre, les personnes vaccinées et guéries peuvent toujours être asymptomatiques et donc contagieuses. Sans oublier que les certificats peuvent facilement être falsifiés et que les contrôles sont souvent inefficaces. Du coup, la stratégie du Conseil fédéral ne sert à rien. La preuve? Les contaminations sont toujours là alors qu’une majorité de Suisses sont vaccinés, relèvent les intervenants.

En outre, le certificat exclut les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées ou qui n’ont pas de papiers d’identité, notamment les enfants. Sans oublier qu’il n’existe actuellement aucune obligation générale de porter une carte d’identité en Suisse. Or le certificat exige une telle identification, ont rappelé les intervenants.

Il renforce les résistances

La pression créée par les certificats est donc une mauvaise approche et ne fait que renforcer la résistance des personnes réticentes et diviser la société, a estimé Hernâni Marques, membre du comité. En outre, les tests pour obtenir des certificats à courte durée ont un coût élevé – 47 millions par semaine - pour un effet à court terme.

Oui au certificat pour voyager

Du coup, le comité milite surtout pour l’interdiction de l’utilisation des certificats en Suisse. Mais il n’a rien contre leur utilisation pour partir à l’étranger. Même en cas de vote négatif le 28 novembre, le certificat pourra continuer à être utilisé pour voyager jusqu’à fin mars. Il reste donc plus de temps qu’il n’en faut pour introduire une solution pour les voyages uniquement – comme promis à l’origine, estime le comité. Qui a rappelé au passage que tous les pays de l’UE n’exigeaient pas de certificat pour entrer chez eux.

Le comité souhaite surtout que Berne lutte contre la pandémie via des mesures socialement acceptables à long terme. Comme les améliorations de la ventilation dans les salles de classe et les transports publics. Les grandes manifestations ou les boîtes de nuit, qui, selon l’évaluation de l’OFSP, présentent un risque élevé, doivent être limitées voire fermées si la situation de pandémie s’aggrave, propose-t-il encore.

Quant à l’efficacité de sa campagne sur les sites pornos, le comité a indiqué qu’elle avait touché 1 pour mille des visiteurs de ces sites coquins. Il compte désormais faire campagne maintenant dans les gares et près des centres de tests.

La loi Covid a toujours la cote

Outre le certificat Covid, les modifications de la loi Covid soumise au peuple le 28 novembre portent sur l'extension des aides financières, la révision des dispositions touchant à la recherche des contacts et la promotion des tests Covid. L'UDC est le seul parti membre du gouvernement à s'opposer à ce projet. Le Conseil fédéral, les cantons et une nette majorité du Parlement soutiennent la révision de la loi.

Trois mouvements citoyens ont rassemblé 187'239 signatures contre la loi en juillet. En juin, un premier référendum contre la loi Covid avait clairement échoué. L'électorat avait dit oui au projet de loi à 60,2%. Cependant, le certificat Covid n'était pas encore inclus dans la loi.

Mais à trois semaines du scrutin, les mesures sont toujours approuvées par la majorité. Le soutien des Suisses à la loi Covid a augmenté à 69% d'opinions favorables, selon le dernier sondage.

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