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SuisseLes véganes embarrassent les hôpitaux

Peu d'hôpitaux proposent des menus véganes. Pour des raisons économiques, par crainte de malnutrition ou encore absence de nécessité médicale.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Des menus véganes ne sont pas disponibles dans toutes les administrations.

Des menus véganes ne sont pas disponibles dans toutes les administrations.

Keystone

La Suisse compte près de 80'000 véganes, ces personnes qui refusent de consommer tout produit animal ou provenant d'animaux comme le lait, les œufs et parfois le miel. Un mode d'alimentation qui met parfois les hôpitaux dans l'embarras, comme le montre un sondage révélé par l'Aargauer Zeitung.

Les centres de soins ne proposent pas tous des menus adaptés. Quelques uns s'y sont mis comme l'hôpital cantonal de Bâle-Ville et celui de Berne depuis décembre 2016. Mais l'hôpital universitaire de Zurich se montre encore réticent, puisque d'un point de vue scientifique, il n'y a aucune nécessité médicale pour ce genre de régime alimentaire. Et l'hôpital ne prévoit pas de menus véganes à l'avenir, laissant cette responsabilité à ses patients.

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«Sur le plan économique, je peux comprendre», a souligné Valentin Salzgeber, membre de la présidence de l'association suisse du véganisme. D'autant plus que la demande n'est pas énorme: à Berne, on prépare en moyenne un plat végane par mois. En outre, les responsables ont observé que de nombreux véganes renonçaient à leur style d'alimentation durant leur séjour.

Les hôpitaux doivent en effet s'assurer qu'un régime végane ne provoque pas une malnutrition. C'est pourquoi à Soleure et à Aarau, chaque végane est accompagné par un diététicien qui lui montre quel plat il peut manger. Ces professionnels doivent tirer la sonnette d'alarme en cas de malnutrition constatée.

Armée et prison

D'autres institutions doivent également relever le défi du véganisme, comme les prisons ou les casernes, ajoute le quotidien Nordwestschweiz. L'administration pénitencière à Zurich essaie «aussi bien que possible» de procurer les menus souhaités, principalement végétariens.

Seule une infime minorité des détenus a fait la demande d'une alimentation végane. Sur les 400 détenus du pénitencier de Pöschwies (ZH), seuls deux se sont signalés. A Lenzburg (AG), rien de comparable. L'établissement ne serait en outre pas capable de satisfaire ce genre de demande et un détenu devrait se contenter d'un menu végétarien en éloignant les aliments contenant une présence animale.

Quant à l'armée, elle a adopté une ligne de conduite claire: les véganes ne sont pas les bienvenus et sont systématiquement déclarés inaptes, pour des raisons pratiques. Outre l'alimentation, les véganes ne portent pas de cuir. Une condition très vite problématique sous les drapeaux. Ceux qui veulent remplir leurs obligations militaires doivent se battre devant les tribunaux, à l'image du Valaisan Antoni Da Campo qui a obtenu gain de cause.

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