03.04.2017 à 13:58

SuisseLes vélos pourront griller les feux rouges

Dès cet automne, les cyclistes pourraient être autorisés à tourner à droite même si le feu n’est pas au vert.

par
Ugo Curty
Le projet pilote mené à Bâle depuis 2013 a été couronné de succès.

Le projet pilote mené à Bâle depuis 2013 a été couronné de succès.

Branko de Lang/Keystone

Un deux-roues qui passe au feu rouge avant de bifurquer à droite. Quasi quotidienne en ville, cette scène pourrait bientôt devenir conforme à la loi sur la circulation routière (LCR) à certaines intersections. Le Conseil fédéral s’apprête à donner son feu vert dès cet automne à un projet allant dans ce sens, comme le révèle la NZZ am Sonntag . En effet, le projet pilote mené depuis deux ans à Bâle sur une douzaine de carrefours s’est avéré positif. «Les cyclistes ont fait un usage régulier de cette mesure, mais aucun accident n’a été constaté», relève dans le dominical zurichois Markus Störr, du Service de la mobilité de la ville de Bâle.

Apparition de risques nouveaux

L’Association suisse des piétons craint pourtant une généralisation du procédé à toutes les intersections du pays. «Si le projet pilote a fonctionné à Bâle, c’est aussi parce qu’il a été appliqué dans des secteurs choisis avec soin, souligne Jenny Leuba, cheffe de projet pour la Suisse romande. Certains carrefours ne sont pas appropriés. C’est notamment le cas aux abords des gares, où le trafic est important, mais aussi lors d’un virage en descente puisque la vitesse pourrait s’avérer dangereuse.» Nicolas Kessler, porte-parole du Bureau des préventions des accidents (BPA), rappelle l’importance du principe de priorité dans ce procédé. «Ce n’est pas une carte blanche pour les cyclistes. Certains risques nouveaux apparaîtraient pour tous les usagers.»

Déjà appliqué en France

En Europe, plusieurs pays ont déjà franchi le pas. C’est notamment le cas en France, en Belgique et au Danemark. La question n’est pas nouvelle en Suisse puisqu’elle avait déjà été discutée au Conseil national en 2014. À l’époque, les sept Sages avaient appelé à refuser une motion du Vert’libéral Thomas Maier. Depuis, l’idée a fait son chemin.

Ce qu'ils en pensent

«Il faut arrêter de considérer les cyclistes comme des voitures sans carapace. Un tel projet serait un symbole fort pour la promotion de ce mode de transport. Le cycliste est mieux protégé s’il n’est pas arrêté dans une file de voitures.»

Valérie Schwaar, présidente de l’Association Transports et Environnement (ATE) Vaud

«Cette initiative est sûre à condition que les critères techniques, en termes de piste cyclable, de visibilité et de signalisation, soient réunis. Le principe de priorité restera inchangé. Ce n’est pas une carte blanche pour les cyclistes.»

Nicolas Kessler, porte-parole du Bureau de prévention des accidents (BPA)

«Les sections cantonales du TCS qui ont accompagné des projets pilotes, comme à Bâle, se sont montrées satisfaites. Les premiers résultats sont positifs. Cela pourrait aider les cyclistes sans poser de problèmes aux automobilistes.»

Rudolf Zumbühl, responsable de la communication du Touring Club Suisse (TCS)

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