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CommerceLes ventes d'armes suisses continuent de baisser

Les chiffres de l'Administration fédérale des douanes montrent une baisse de 6,9% en un an.

par
Eric Felley
Les clients principaux restent l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie et la France.

Les clients principaux restent l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Italie et la France.

Keystone

Malgré les nombreux conflits actuels, la vente de matériel militaire suisse à l'étranger a continué de baisser durant le premier semestre 2014. Les chiffres révélés hier par l'Administration fédérale des douanes – 181,9 millions de francs – montrent une baisse de 6,9% par rapport à la même période de l'année dernière. Depuis l'année record de 2011, avec plus de 873,6 millions d'exportations, le volume des affaires n'a cessé de baisser: 700,4 millions en 2012 et 461,2 millions en 2013.

En 2014, les clients principaux restent inchangés: l'Allemagne (72,4 millions), les Etats-Unis (15,5), l'Italie (14,3) et la France (9,8) en tête. Parmi les pays arabes, la Suisse a livré pour 13,2 millions d'armes à Bahreïn et 7 millions aux Emirats arabes unis. Concernant les conflits actuels, la Suisse a exporté au premier semestre 126 000 francs de matériel de guerre en Israël. Elle en a vendu pour 536 000 francs à la Russie et pour… 11 000 francs à l'Ukraine. Le Conseil fédéral a cependant suspendu les exportations vers la Russie depuis le mois de mars.

Pays en guerre

La loi suisse interdit l'exportation de matériel de guerre vers des pays impliqués dans des conflits armés, vers les régions où les droits de l'homme sont violés et s'il y a des risques que les armes soient utilisées contre des populations civiles. Mais le Parlement a accepté à la raclette une motion du conseiller aux Etats Bruno Frick (PDC/SZ) en mars dernier, pour assouplir les règles à l'exportation. L'enjeu: la Suisse doit rester concurrente sur le marché, elle doit maintenir son outil de production et les emplois menacés par la baisse du chiffre d'affaires. Dès lors, le Conseil fédéral doit proposer une modification dans ce sens de la loi fédérale sur le matériel de guerre.

Lors du débat au National, le conseiller national Pierre-Alain Fridez (PS/JU) avait rappelé la cause première de cette baisse: «Nos principaux clients sont les pays voisins qui, du fait de leurs difficultés budgétaires, ont réduit leurs achats d'armes.» En 2012, l'Allemagne avait acheté pour 246 millions de matériel de guerre helvétique, en 2013, ce n'était plus que la moitié pour 123, 5 millions. L'assouplissement pourrait permettre d'exporter moins difficilement des armes vers l'Egypte, l'Arabie saoudite ou le Pakistan, des pays qui ne sont pas directement dans un conflit armé, mais qui sont considérés actuellement comme à risque.  

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