05.08.2020 à 09:00

SuisseLes Verts veulent un bilan climatique positif en 2040

Le parti écologiste a présenté son plan Climat mercredi lors d’une conférence de presse en ligne. Il veut que la Suisse capte plus de CO₂ qu’elle n’en émet dans 20 ans.

Interview de la conseillère nationale genevoise Delphine Klopfenstein Broggini.

ats-Keystone

La Suisse doit devenir climatiquement positive à partir de 2040, c’est-à-dire capter plus de CO2 dans l’atmosphère qu’elle n’en émet. C’est l’un des objectifs du plan Climat des Verts, présenté mercredi lors d’une conférence de presse en ligne. «Ce n’est que de cette manière que la Suisse, qui a bâti sa prospérité sur les énergies fossiles, pourra apporter sa contribution à la protection du climat mondial», écrivent les Verts dans un communiqué.

Ils soulignent que le plan Climat revoit les ambitions de la loi sur le CO2 et la stratégie énergétique 2050 des Verts à la hausse pour réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2 et pour employer davantage d’énergies renouvelables.

Neutralité climatique en 2030

Avant de devenir climatiquement positive à l’horizon 2040, la Suisse doit atteindre la neutralité climatique d’ici 2030, c’est-à-dire qu’elle doit réduire ses émissions internes de 50% et les émissions dues aux importations à l’étranger à même hauteur, détaillent les Verts.

D’ici 2040, il faut arriver à «zéro émission nette», en n’ayant plus d’émission importée et en absorbant le reste des émissions en Suisse grâce aux émissions négatives. A partir de 2040, le bilan climatique de la Suisse doit devenir positif, en contribuant à capter davantage d’émissions qu’à en rejeter dans l’atmosphère. Cela permettra à la Suisse d’éponger sa dette historique en matière de réchauffement climatique, relèvent les Verts.

Entrée en vigueur rapide de la loi

La révision en cours de la loi sur le CO2 ne s’oppose pas à cette stratégie, mais constitue un pas important dans cette direction, précise la formation écologiste. Mais il est essentiel que cette révision soit adoptée et entre en vigueur rapidement, car elle peut déjà contribuer au développement de technologies décisives pour une Suisse pro climatique.

Parallèlement, la Suisse doit – en dehors de la loi sur le CO2 – commencer aujourd’hui déjà à poser d’autres jalons dans ce but. Par exemple dans la loi sur l’approvisionnement en électricité, dans celle sur l’énergie et en politique agricole. Enfin, une fois la nouvelle loi sur le CO2 entrée en vigueur, il faudra rapidement remettre l’ouvrage sur le métier.

Puits de carbone

Le parti a dressé une liste de mesures dans différents domaines qui vont de la construction à l’agriculture en passant par le transport. Etant donné que l’objectif de «zéro émission nette» ne peut pas être atteint dans tous les secteurs, le parti note que les émissions restantes devront être compensées à terme par des puits de carbone naturels et techniques.

Réduire la consommation d’énergie, en l’économisant et en améliorant l’efficience, est prioritaire. Le kilowattheure le plus écophile et le plus avantageux est celui que l’on ne consomme pas, insistent les Verts.

Public appelé à contribuer

Rendre la Suisse pro climatique est une nécessité scientifique. L’urgence de la protection climatique peut être comparée à la transformation d’un train en marche, c’est pourquoi le plan Vert est un document de travail, appelé à être développé en continu.

Le parti invite le public à faire part de ses remarques et commentaires relatifs au plan Climat sur le site internet du parti .

(ATS/NXP)

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