Actualisé

Yverdon«Les victimes sont dans l'incompréhension totale»

Ancien inspecteur de la brigade des mineurs de Lausanne, le commandant de la police Nord Vaudois réagit aux interpellations de jeunes prévenus de violence gratuite organisée.

par
Benjamin Pillard
La place de Bel-Air d'Yverdon, où le jeune Dylan a perdu la vie, victime d'une agression en janvier 2014.

La place de Bel-Air d'Yverdon, où le jeune Dylan a perdu la vie, victime d'une agression en janvier 2014.

Jean-Paul Guinnard

«Les interrogatoires et perquisitions menés cette semaine à l'encontre d'une vingtaine de mineurs de la région rendent compte de l'augmentation des agressions entre très jeunes, c'est inquiétant.» Commandant à la police Nord Vaudois, le major Pascal Pittet se dit «frappé» par la banalisation des actes de violence gratuite commis entre mineurs d'Yverdon et de ses alentours.

«C'est un noyau dur, mais des frappes isolées, en regard des 4000 à 6000 écoliers de la ville», explique cet ancien inspecteur de la brigade des mineurs de Lausanne. «Le problème c'est l'influence de l'autre et la pression du groupe, qui tend à une glorification de l'acte de violence gratuite. Une forme malsaine de reconnaissance s'est développée, nos jeunes y sont confrontés tous les jours.»

Pascal Pittet évoque un «principe d'opportunités» des agresseurs qui visent des cibles dites faciles. «C'est très violent pour les victimes, qui sont dans une incompréhension totale de ce qui leur arrive, et qui se soumettent à une omerta terrible.» Le commandant évoque enfin la «satisfaction» inexplicable de «l'impact de l'image que les jeunes donnent d'eux.» «Un besoin d'être reconnu pour ce qu'ils sont.»

Pour la police Nord vaudois, la solution pour éradiquer ce phénomène inédit passe encore et toujours par la prévention, en collaboration avec les éducateurs de rue: occuper le terrain, et expliquer aux jeunes les conséquences de leurs actes.

Ton opinion