États-Unis: Les victimes vont défiler au procès du Golden State Killer

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États-UnisLes victimes vont défiler au procès du Golden State Killer

Les survivants du tueur en série, accusé de 13 meurtres et de dizaines de viols, viennent dès aujourd’hui raconter leur calvaire. L’accusé a accepté cette démarche pour échapper à la peine de mort.

par
Michel Pralong
Joseph James DeAngelo est apparu dès son arrestation en 2018 en fauteuil roulant. Mais il n’a jamais exprimé le moindre remords pour ses crimes.

Joseph James DeAngelo est apparu dès son arrestation en 2018 en fauteuil roulant. Mais il n’a jamais exprimé le moindre remords pour ses crimes.

AFP

Il a terrorisé la Californie de 1973 à 1986, commettant meurtres, viols et cambriolages, sans jamais être démasqué. Celui qu’on a appelé le Golden State Killer (Le tueur de l’État doré, comme on surnomme la Californie) a failli finir tranquillement ses jours, en toute impunité. Jusqu’à ce que son ADN, retrouvé sur plusieurs scènes de crime, comparé à une banque de données généalogiques, confonde Joseph James DeAngelo en 2018, 32 ans après son dernier crime. L’ancien policier avait 72 ans quand la police est venue l’arrêter devant chez lui, à Sacramento.

87 victimes

Depuis, l’individu a reconnu 161 crimes impliquant 48 personnes. Il a plaidé coupable pour 13 meurtres et des dizaines de viols. Mais, selon les derniers chiffres révélés lundi 17 août, ses victimes seraient au nombre de 87. Un total qui comprend des crimes que DeAngelo n’a pas reconnus, selon l’Associated Press (AP). Pour échapper à la peine de mort quasi assurée, le Golden State Killer, 74 ans, a passé un accord qui devrait lui valoir la prison à perpétuité. Il a accepté que ses victimes survivantes et leurs familles viennent témoigner. Durant quatre jours, dès ce mardi 18 août, près de trois douzaines de personnes vont défiler au tribunal de Sacramento pour raconter l’horreur, la douleur et ce qu’est devenue leur vie, détruite ou reconstruite, après avoir croisé la route du monstre.

«Nos blessures guérissent et nos cicatrices demeurent», a déclaré Jane Carson-Sandler, citée par AP. Cette femme dit avoir purgé l’équivalent d’une peine à perpétuité depuis cette nuit de 1976 où, blottie dans son lit avec son fils de 3 ans, son mari étant parti travailler dans une base militaire, elle a été menacée par un homme armé d’un couteau qui l’a violée. Depuis, elle ne peut notamment plus aller skier, car Joseph James DeAngelo portait souvent une cagoule de ski pour dissimuler son visage à ses victimes.

«Cette gamine qui aimait faire du shopping et faire la roue de charrette sur la pelouse, cette fille n’existe plus», a raconté pour sa part Kris Pedretti. Elle n’avait que 15 ans lorsque DeAngelo l’a violée, peu avant Noël 1976. Depuis, elle a perdu tous ses amis, sa foi en Dieu et a connu deux mariages ratés sur fond d’automédication. Il aura fallu attendre 2018 et l’arrestation de son bourreau pour qu’elle émerge enfin, créant notamment une page Facebook pour les victimes d’agressions sexuelles. «Il n’a pas gagné, je ne suis pas une fille perdue», dit-elle aujourd’hui.

Violées devant leur mari

Si DeAngelo avait commencé par s’en prendre à des femmes seules, il avait ensuite poussé le sadisme à les violer devant leur mari, empilant de la vaisselle sur le corps de celui-ci et les menaçant de les tuer tous les deux si la moindre assiette se cassait. Il avait mis ses menaces à exécution à plusieurs reprises. Les victimes des viols viendront s’exprimer mardi et mercredi et les familles des personnes assassinées parleront jeudi. Parmi elles, Jennifer Carole, dont le père, Lyman Smith, un avocat de 43 ans, a été tué 1980 tandis que sa mère, Charlene Smith, 33 ans, a été violée et tuée par le Golden State Killer. Elle viendra au tribunal pour appeler tout le monde à «trouver un moyen de faire le bien. Je pense qu’il est en notre pouvoir de faire de bonnes choses et de prendre soin les uns des autres».

Sentence vendredi

Certains projetteront vidéos et diapos pour rappeler le visage des victimes. D’autres annoncent déjà vouloir pousser DeAngelo, qui tente de se faire passer pour un vieillard faible, à montrer qu’il est toujours un tueur sans états d’âme. Les audiences qui débutent ce mardi 18 août sont visibles sur YouTube. La sentence sera prononcée vendredi

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