12.05.2012 à 22:15

RépressionLes violences continuent de faire rage en Syrie

La vague d'attentats se poursuit alors que le Conseil national syrien (CNS), qui rassemble plusieurs groupes d'opposition, a ouvert à Rome trois jours de discussions sur le renouvellement de son équipe dirigeante.

Les affrontements se poursuivent en Syrie.

Les affrontements se poursuivent en Syrie.

AFP

Les attentats meurtriers se multiplient en Syrie, bien que près de la moitié des 300 observateurs internationaux de la mission de l'ONU soient désormais à pied d'oeuvre. En revanche, deux journalistes turcs retenus depuis deux mois ont été libérés samedi.

Répression et combats entre soldats et déserteurs se sont poursuivis faisant 15 morts: cinq civils, neuf militaires et un déserteur ont péri deux jours avant la mise en place d'un 15e train de sanctions européennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette nouvelle vague de violences survient alors que le Conseil national syrien (CNS), qui rassemble plusieurs groupes d'opposition, a ouvert à Rome trois jours de discussions sur le renouvellement de son équipe dirigeante. Il s'agit de tenter de renforcer sa cohésion et d'assurer sa crédibilité.

Un mois jour pour jour après l'entrée en vigueur formelle d'un cessez-le-feu et malgré la présence de quelque 150 observateurs de l'ONU sur le terrain, les affrontements se poursuivent en Syrie. Entre 9000 et 12'000 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis la mi-mars 2011, selon plusieurs sources, dont l'ONU.

Hommage aux 55 victimes

A Damas, un rassemblement a été organisé pour rendre hommage aux 55 personnes tuées dans le double attentat perpétré jeudi et imputé par les autorités à des «terroristes». La prière, retransmise en direct à la télévision officielle, était dirigée par le mufti de Syrie, en présence de plusieurs membres du gouvernement.

Dans une vidéo diffusée samedi, un groupe islamiste, le Front al- Nosra, a revendiqué cette attaque, la plus meurtrière dans la capitale depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad à la mi-mars 2011.

L'attaque visait «des repaires du régime» et répondait aux «frappes incessantes des gouvernementaux à Damas, Idlib, Hama, Deraa et dans d'autres régions», indique le groupe. Ces allégations sont difficilement vérifiables. La voix enregistrée sur la vidéo a été modifiée et aucun membre du groupe n'était visible sur les images.

Le quotidien gouvernemental «As-Saoura» imputait lui samedi la responsabilité des attentats à Al-Qaïda, soutenu par «l'Amérique et l'Occident via leur instruments dans la région: la Turquie voisine ou les émirats pétroliers».

L'opposition accuse elle en revanche le régime de mener ces attaques pour saboter le plan de l'émissaire international Kofi Annan. Le CNS, principale coalition de l'opposition, accuse même les autorités de mettre en scène les attentats en plaçant des cadavres de prisonniers sur les lieux.

Plusieurs libérations

De son côté, Ankara a annoncé la libération, grâce à une médiation iranienne, du caméraman indépendant Hamit Coskun et du journaliste Adem Özköse, du journal à tendance islamiste «Milat», entrés en Syrie début mars pour réaliser un documentaire. Ils avaient été vus pour la dernière fois le 9 mars près du bastion rebelle d'Idleb, proche de la frontière turque. Ankara avait accusé Damas de les retenir prisonniers.

Samedi toujours, huit militants, dont la blogueuse Razan Ghazzawi, l'un des symboles de la contestation, ont aussi été libérés jusqu'à leur procès à la fin du mois pour «possession de publications interdites», selon l'avocat des droits de l'Homme Anouar Bounni.

A Rome, le sort du président du CNS, Bourhan Ghalioun, désigné lors de la création du mouvement d'opposition en août dernier, sera au centre des discussions sur le renouvellement de la direction. M. Ghalioun, un universitaire installé à Paris, est accusé par ses adversaires de négliger les contacts avec les groupes d'opposition à l'intérieur de la Syrie, engagés dans la lutte armée contre Assad.

Il lui est également reproché de ne pas avoir su unifier les diverses composantes du CNS, qui aimerait être reconnu par la communauté internationale comme le représentant légitime du peuple syrien.

(ats)

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