20.05.2013 à 22:34

IrakLes violences redoublent et Maliki veut revoir le dispositif sécuritaire

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki veut redéfinir sa stratégie sécuritaire. Il a fait cette déclaration alors que le pays fait face à une recrudescence des violences, avec notamment plus de 80 morts depuis dimanche soir.

Lundi, une nouvelle série d’attentats à la voiture piégée visant des chiites a fait au moins 43 morts à Bagdad et Bassora.

Lundi, une nouvelle série d’attentats à la voiture piégée visant des chiites a fait au moins 43 morts à Bagdad et Bassora.

AFP

«Nous sommes sur le point de remplacer certaines personnes chargées de la sécurité, à haut niveau et à un niveau intermédiaire, et de changer de stratégie sécuritaire», a affirmé M. Maliki lors d’une conférence de presse.

«Nous traiterons de ces sujets et prendrons des décisions lors du conseil des ministres demain (mardi)», a-t-il ajouté.

Conflit confessionnel?

Ensanglanté par des attaques quotidiennes, l’Irak, qui avait réussi à infléchir la courbe des violences en 2007, craint un retour au conflit confessionnel.

Le Premier ministre, en présence de deux vice-Premiers ministres et des ministres de la Défense et de la Justice, a à cet égard assuré «au peuple irakien que (les insurgés) ne seront pas en mesure de nous replonger dans le conflit confessionnel».

Depuis le début de l’année, chaque mois a vu la mort de plus de 200 personnes, tuées dans des attaques, selon un décompte de l’AFP.

Deux mosquées visées

Lundi, une nouvelle série d’attentats à la voiture piégée visant des chiites a fait au moins 43 morts à Bagdad et Bassora (sud), la grande ville pétrolière à majorité chiite du sud, a-t-on appris auprès de la police et du personnel médical. Huit personnes ont aussi été tuées au nord de Bagdad dans un attentat visant des pèlerins iraniens, également chiites.

A 95 kilomètres de la capitale irakienne, 11 personnes ont été tuées et 71 autres blessées, à l’heure de la prière du soir lundi, a-t-on appris auprès de la police et d’un médecin. Une bombe a explosé à l’intérieur de la mosquée Al-Wardiya, tandis que, non loin de là, un kamikaze s’est fait exploser à l’intérieur de la mosquée Al-Graita. Ces attaques portent à 83 morts le nombre de morts depuis dimanche soir et plus de 150 depuis une semaine. Avec plus de 700 tués, le mois d’avril a été le plus meurtrier depuis près de cinq ans, selon l’ONU.

Les Etats-Unis condamnent «avec force» ces attentats sanglants, a indiqué lundi la Maison Blanche. Celle-ci a contacté des responsables irakiens pour appeler au calme dans leur pays secoué par un regain de violences.

Démission exigée

Les violences interconfessionnelles ont culminé dans les années 2006 et 2007. A cette période, le bilan mensuel pouvait dépasser certains mois les 3000 morts.

Les protestataires sunnites exigent la démission de M. Maliki, réclamant aussi que les autorités mettent fin à la stigmatisation dont ils s’estiment victimes, au travers notamment de l’utilisation de l’arsenal législatif anti-terroriste à leur encontre.

Le gouvernement a fait quelques concessions, en libérant des prisonniers et en augmentant les salaires des Sahwa, mais le coeur du problème n’a pas été réglé pour autant et les manifestations se poursuivent.

(ats)

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