L’Espagne veut réguler les «loot boxes» payantes 
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Jeux vidéo L’Espagne veut réguler les «loot boxes» payantes 

Le gouvernement espagnol souhaite légiférer contre les contenus aléatoires payants dans les jeux vidéo afin de protéger les jeunes utilisateurs.

Le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez veut sévir contre les «loot boxes», qu’il assimile à un «jeu de hasard». 

Le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez veut sévir contre les «loot boxes», qu’il assimile à un «jeu de hasard». 

REUTERS

Dénonçant des risques d’addiction, notamment chez les jeunes, le gouvernement de gauche espagnol va présenter «dans quelques jours» un projet de loi visant à réguler les contenus «surprises» payants dans les jeux vidéo, qu’il assimile à des jeux de hasard. Connus sous le nom de «loot boxes», ces «pochettes surprises» virtuelles proposent un contenu aléatoire payant destiné à améliorer le jeu, incitant les joueurs à en acheter jusqu’à obtenir l’avantage qu’ils recherchent.

«Jeu de hasard»

«Nous avons fait une loi très spécifique que nous présenterons dans quelques jours» afin de réguler la vente de ces contenus, a affirmé vendredi le ministre de la Consommation Alberto Garzon sur la radio Radiocable, sans toutefois détailler le contenu précis de la loi. 

«Ça ressemble à un jeu de hasard (…) à une machine à sous, parce que cela implique des comportements de consommation impulsifs, une série de problèmes qui vont du stress à la banqueroute, parce que les sommes s’accumulent, et jusqu’à l’addiction», a défendu ce ministre, qui représente la gauche radicale au sein de l’exécutif de coalition du socialiste Pedro Sanchez.

A l’insu de certains parents

Ces offres sont proposées «surtout à un public de mineurs, de moins de 18 ans, dont près de 30% ont reconnu en 2021 avoir payé pour améliorer» ainsi leur jeu, a-t-il dénoncé, en citant des chiffres du ministère de la Santé. «Les parents peuvent acheter un jeu pour des mineurs (...) sans savoir qu’il existe un mécanisme à l’intérieur qui ne pourrait pas être acheté par une personne de moins de 18 ans» s’il s’agissait d’un jeu de hasard, a-t-il ajouté.
En ce sens, l’organisme européen PEGI, qui indique l’âge minimum et les risques des jeux vidéo, a annoncé mi-mai l’introduction d’une mention pour informer de la présence de contenus aléatoires payants dans les jeux.

Interdits en Belgique 

La question des «loot boxes» suscite la controverse dans de nombreux pays. S’appuyant sur un rapport du Conseil norvégien des consommateurs (NCC) sur les «loot boxes», près de vingt associations de consommateurs européennes ont ainsi appelé mardi à une meilleure régulation des jeux vidéo. Ce rapport a dénoncé «plusieurs manquements des éditeurs à la réglementation européenne», notamment parce qu’ils incitent à «dépenser au final d’importantes sommes d’argent», via un «marketing agressif, de nombreux biais cognitifs et des probabilités de gains trompeuses».

En Europe, seuls la Belgique et les Pays-Bas ont interdit les «loot boxes», en les assimilant explicitement à des jeux d’argent.

Réagissant aux annonces du gouvernement, l’Association espagnole des jeux vidéo (Aevi) a indiqué dans un communiqué «rejeter son assimilation aux jeux de hasard» et «défendre une autorégulation du secteur».

(AFP)

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