France - L’État assigné en justice pour «faute grave» dans le procès de Valérie B.
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FranceL’État assigné en justice pour «faute grave» dans le procès de Valérie B.

Les avocates de l’accusée, qui a tué son mari proxénète et violeur, poursuivent les autorités pour avoir négligé les signalements de violences conjugales.

Me Janine Bonaggiunta (photo) et Me Nathalie Tomasini, qui assurent la défense de Valérie B. dans son procès, demandent des comptes à l’État français qui a ignoré les signalements répétés des violences subies par l’accusée.

Me Janine Bonaggiunta (photo) et Me Nathalie Tomasini, qui assurent la défense de Valérie B. dans son procès, demandent des comptes à l’État français qui a ignoré les signalements répétés des violences subies par l’accusée.

AFP

Les avocates de Valérie B., jugée en France depuis lundi pour avoir assassiné son mari violeur et proxénète, ont assigné l’État en justice pour «faute lourde», accusant notamment les autorités de n’avoir pas pris en compte des signalements de violences.

«Une assignation en responsabilité pour faute lourde a été déposée au Tribunal de Paris, compte tenu des nombreux dysfonctionnements», a indiqué mardi Me Nathalie Tomasini qui, avec Me Janine Bonaggiunta, défend Valérie B.

Ces dernières avaient défendu Jacqueline Sauvage, symbole des violences conjugales, condamnée en France pour avoir tué son mari puis graciée en 2016. Elle est décédée l’an dernier.

Me Tomasini a, en particulier, pointé du doigt les «tentatives de signalement» que Kévin P., fils de Valérie B. et de son mari Daniel P., avait faites en février 2016, et qui n’ont pas été suivies d’effet.

Mariée à son violeur

Valérie B., 40 ans, est jugée pour avoir assassiné d’une balle dans la nuque, le 13 mars 2016, son mari qui était également son proxénète, et qui l’avait violée alors qu’il était encore le compagnon de sa mère, à l’âge de 12 ans. Elle encourt la perpétuité.

Me Tomasini dénonce également la requalification des faits pour lesquels avait été jugé Daniel P. en 1995: d’abord poursuivi pour viol sur Valérie B., ce qui est un crime passible des assises, les faits avaient été requalifiés en simple agression sexuelle, moins lourdement sanctionnée.

De plus, après sa condamnation, des permis de visite de Valérie B. à son beau-père en prison avaient été accordés, alors qu’elle «était mineure et avait été violée», souligne Me Tomasini, précisant que la liste des dysfonctionnements n’était pas exhaustive.

(AFP)

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