Brésil – L’Etat de Rio de Janeiro promet d’assainir deux favelas
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BrésilL’État de Rio de Janeiro promet d’assainir deux favelas

Après l’apparition, mercredi, de 1300 policiers à Jacarezinho, le gouverneur de l’État de Rio veut revitaliser cette favela, ainsi que celle de Muzema, en injectant plus de 80 millions de francs.

Mercredi dernier, 1300 policiers ont investi les favelas de Jacarezinho (photo) et Muzema.

Mercredi dernier, 1300 policiers ont investi les favelas de Jacarezinho (photo) et Muzema.

AFP

Au Brésil, le gouverneur de l’État de Rio de Janeiro a annoncé, samedi, un plan de revitalisation de deux favelas, avec un investissement massif de 500 millions de réais (environ 82,75 millions de francs) pour des projets sociaux et d’infrastructure. Cette annonce a eu lieu après le déploiement, mercredi, de 1300 policiers dans les favelas de Jacarezinho et Muzema, pour une vaste opération de «reconquête» de ces territoires, vivant sous le joug du crime organisé.

Le programme «Cidade Integrada» (Ville intégrée) prévoit de s’attaquer, dès les prochaines semaines, aux problèmes sociaux de ces quartiers pauvres, laissés à l’abandon par l’État depuis des décennies. Le gouverneur Claudio Castro a notamment promis des travaux d’assainissement et des projets socio-éducatifs ciblant en priorité les jeunes et les mères de famille.

Dans un premier temps, ce plan ne concernera que ces deux favelas. «Nous ne penserons à implanter le programme dans d’autres favelas que quand il fonctionnera pleinement à Jacarezinho et Muzema», a expliqué le gouverneur Claudio Castro en conférence de presse.

Terribles drames

Le choix de ces favelas est très symbolique, les deux ayant vécu de terribles drames récemment. Jacarezinho, située dans le nord de Rio, non loin de l’aéroport international, a été, en mai dernier, le théâtre du raid policier le plus sanglant de l’histoire de Rio, qui a fait 28 morts. Cette zone est considérée comme un des bastions de Comando Vermelho (commando rouge), un des principaux gangs de narcotrafic du Brésil. «Après ce qu’il s’est passé, il fallait une intervention», a lancé le gouverneur Castro, membre du Parti libéral, formation politique du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, dont il est un fidèle soutien.

Muzema, situé dans la zone ouest de la ville, a été endeuillée, en juin 2019, par la mort de 24 personnes dans l’effondrement de deux immeubles construits illégalement. La zone est contrôlée par les puissantes milices parapolicières, qui accaparent indûment des terrains et extorquent la population pour leur fournir clandestinement des services tels que le gaz, internet ou les transports.

Les rendre au peuple

«C’est un programme de reconquête du territoire, pour le rendre à qui il appartient, le peuple de ces favelas. Il n’appartient pas aux milices ni au narcotrafic», a insisté le gouverneur de Rio. Mais certains spécialistes en sécurité craignent que ce programme ne répète les erreurs des Unités de police pacificatrices (UPP), créées en 2008 par l’ex-gouverneur Sergio Cabral, incarcéré depuis 2016 pour corruption.

Les UPP ont permis, dans un premier temps, de réduire la violence dans une quarantaine de favelas, mais la situation s’est ensuite détériorée, notamment depuis la crise financière qui a miné l’État de Rio après les Jeux olympiques de 2016.

(AFP)

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