Suisse: L’été 2018 risque d’être particulièrement meurtrier
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SuisseL’été 2018 risque d’être particulièrement meurtrier

La canicule tue mais les étés chauds entraînent aussi d’autres décès, surtout de randonneurs et de baigneurs. Faut-il craindre une année noire?

par
Renaud Michiels
Il y a eu 41 décès par noyade en Suisse en 2017. Le bilan pourrait être plus lourd cette année.

Il y a eu 41 décès par noyade en Suisse en 2017. Le bilan pourrait être plus lourd cette année.

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Les vagues de chaleur estivales ne font pas qu’attaquer les organismes. Elles entraînent aussi d’autres décès. Davantage de morts en montagne. Davantage de morts dans les lacs et les rivières.

La France a révélé en début de semaine des statistiques intermédiaires. Elles ne sont guère réjouissantes. Selon un point de Santé publique France, 1139 noyades ont été dénombrées dans l’Hexagone entre le 1er juin et le 26 juillet. Dont 251 fatales. C’est deux fois plus de noyades que pour la même période en 2015. Quant à la mortalité en montagne, elle atteint un niveau «record depuis le début de la saison estivale», détaillait Le Monde: 36 décès enregistrés depuis le 1er juin.

Déjà de nombreux cas mortels

Et chez nous? Des cas dramatiques, il y en a eu beaucoup récemment. Un homme qui tentait de porter secours à un randonneur a fait une chute mortelle à Corbeyrier (VD) fin juillet. Mi-juillet, un alpiniste a été retrouvé sans vie sur le Cervin. Un autre quelques jours plus tard sur le Lagginhorn, au-dessus de Saas-Grund (VS). La semaine dernière, un Roumain de 32 ans a perdu la vie à la Pointe Dufour.

Idem pour le volet aquatique. Mardi, un Hollandais de 39 ans est décédé dans la Kander, à Reichenbach (BE). Samedi dernier, dans le canton de Glaris, un sexagénaire s’est noyé dans la Linth après avoir heurté un arbre à vélo. Fin juillet, un quadragénaire Français s’est noyé à Gland. Quelques jours auparavant un septuagénaire Vaudois a été retrouvé sans vie dans l’Aar, à Berne. Et un ado de 15 ans s’est noyé dans le Rhin à Freienstein-Teufen (ZH). Ce ne sont que quelques exemples.

Aucune raison d'être optimiste

Alors? Se dirige-t-on vers davantage que les 41 décès par noyade enregistrés dans le pays en 2017? Ou plus que les 154 personnes mortes en montagne l’an dernier? On ne peut pas répondre à cette question. Les statistiques des noyades sont tenues par la Société suisse de sauvetage (SSS). Celles des décès en montagne – en randonnée comme en haute montagne – par le Club alpin suisse (CAS). Or tous deux n’ont pas de données intermédiaires disponibles au milieu de l’été.

Mais les spécialistes n’ont pas de quoi se montrer optimistes. Car il existe un lien statistique, mécanique, évident entre les températures et ces décès. Plus il fait chaud plus on dénombre de personnes se rafraîchissant dans l’eau. Et plus il fait chaud plus on dénombre de randonneurs partant chercher de l’air frais en hauteur. Dans les deux cas le risque d’accident est donc forcément accru.

Orages et chutes de pierre

«Oui, davantage de personnes vont dans l'eau durant les étés chauds. La probabilité d'avoir des situations critiques ou des accidents est donc plus élevée», note Philipp Binaghi, responsable communication et marketing de la Société Suisse de Sauvetage.

Responsable pour la sécurité en montagne du Club alpin suisse, Ueli Mosimann ajoute que la chaleur a encore d’autres conséquences bien connues des spécialistes qui peuvent mener à des situations d’urgence. Et de citer un «épuisement lié à la déshydratation» comme davantage d’«orages et chutes de pierres».

Mais il faudra donc attendre pour savoir si l’été 2018 restera comme un été meurtrier. Et le bilan final dépendra aussi de la météo de ce mois d’août.

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