23.06.2017 à 06:50

CinéLeur drone vole pour Hollywood

Grâce à leur aéronef fait maison, deux Suisses ont collaboré à plusieurs productions américaines. Ils seront notamment à l’affiche de «Transformers 5».

par
Fabien Feissli
C’est dans un sous-sol de Meiringen (BE) que Davide Tiraboschi (à g.) et Dionys Frei construisent et réparent leurs drones.

C’est dans un sous-sol de Meiringen (BE) que Davide Tiraboschi (à g.) et Dionys Frei construisent et réparent leurs drones.

Maxime Schmid

Près de 10 000 kilomètres séparent Meiringen (BE) de Hollywood. Pourtant, c’est ici, dans un sous-sol transformé en atelier, que certaines des plus grosses productions américaines sont venues chercher Dionys Frei et Davide Tiraboschi. La particularité de ces deux Helvètes? Grâce à leur expérience et à leur drone fait maison, ils font partie de la crème des spécialistes des images aériennes. Passionné de modélisme depuis son adolescence, Dionys pilote pendant que Davide gère la caméra. En 2010, les deux amis ont quitté leurs emplois respectifs pour fonder l’entreprise Dedicam. Pendant plusieurs années, ils ont tourné des publicités, notamment pour des marques de voitures. Ils ont également filmé différents événements sportifs en direct pour la télévision. Et puis en 2015, ils ont reçu un coup de fil inattendu.

Une chance en or

«Michael Bay cherchait une équipe drone en urgence pour son film «13 Hours», se souvient Dionys. Une chance en or. «Mais on a dit non, on était en tournage à Dubaï», sourit Davide. Pourtant, quelques semaines plus tard, le réalisateur américain revient à la charge. Cette fois-ci, les deux amis ne peuvent pas résister et s’envolent pour Malte. «Quand on est arrivés, on a compris qu’il avait viré les trois équipes précédentes, c’était une sacrée pression», raconte Dionys Frei, tout en précisant que leur drone leur permet d’aller plus près des acteurs qu’un hélicoptère sans causer de déplacement d’air.

Un mois et de nombreuses scènes plus tard, Michael Bay est conquis. Au point qu’au moment de tourner «Transformers: The Last Knight» qui sort mercredi prochain, le réalisateur fera en sorte d’avoir les deux Suisses à ses côtés. «Cela aurait été moins cher et bien plus simple de prendre une équipe locale. J’ai même dû passer une licence britannique pour avoir le droit de voler, mais il a payé pour tout», explique le cofondateur de Dedicam.

En plus de «13 Hours» et «Transformers», les deux amis ont aussi inscrit leurs noms aux génériques de «Star Trek», «Point Break», «Emerald City» et «Geostorm» qui sortira en 2017. Un succès qu’ils expliquent par leur complémentarité. «Depuis près de dix ans, on a fait 99% de nos missions ensemble. Quand je vole, Davide sait ce que je vais faire et vice versa», indique Dionys. Il suppose que leur fiabilité est également fortement appréciée. «Dans les scènes d’explosions, vous n’avez souvent qu’une seule chance de faire la bonne image», souligne-t-il.

Les deux amis vont-ils continuer longtemps dans ce domaine? «Je ne sais déjà pas ce qu’on fera la semaine prochaine. Tout se décide toujours à la dernière minute», rigole Dionys. C’est d’ailleurs l’un des seuls désavantages de ce métier aux yeux de celui qui vient de devenir père de famille. «Plus sérieusement, j’adore ce qu’on fait. On est fier de faire partie de tous ces films, mais le marché évolue tellement vite qu’il n’y a aucune garantie que cela dure encore dix ans», analyse-t-il, lucide. En attendant, les deux Suisses comptent bien profiter aussi longtemps que possible de leur chance. «On a toujours pensé qu’il y avait du potentiel, mais on n’aurait jamais imaginé travailler pour Hollywood un jour.»

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