Coronavirus - L’Europe poursuit son déconfinement, suspense autour d’AstraZeneca
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CoronavirusL’Europe poursuit son déconfinement, suspense autour d’AstraZeneca

L’Europe poursuit son retour progressif à une «vie normale» et laisse planer le doute sur sa stratégie en matière de vaccins.

À la plage de San Sebastián, en Espagne, le 9 mai 2021.

À la plage de San Sebastián, en Espagne, le 9 mai 2021.

AFP

L’Union européenne n’a pas renouvelé pour l’instant son contrat de fourniture de vaccins Covid-19 avec AstraZeneca pour après le mois de juin, a indiqué dimanche le commissaire européen Thierry Breton. Pour autant, ce responsable européen a laissé planer le doute quant à savoir si cette décision signifiait une fin de non-recevoir définitive pour le vaccin AstraZeneca. «Ce n’est pas encore fait, attendez», a-t-il dit. «On a commencé» les renouvellements de contrat avec Pfizer/BioNTech mais «on en aura d’autres», a-t-il ajouté.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé samedi un nouveau contrat pour acheter jusqu’à 1,8 milliard de doses de vaccins contre le Covid à BioNTech-Pfizer. «D’autres contrats et d’autres technologies de vaccins suivront», a-t-elle ajouté. Le contrat avec les laboratoires allemand et américain, alliés dans la production de vaccins anti-Covid, prévoient des livraisons dès cette année et jusqu’en 2023.

Interrogé par la presse sur l’avenir du contrat européen avec AstraZeneca, le président français Emmanuel Macron a lui aussi maintenu l’incertitude.

Le vaccin d’AstraZeneca «nous aidera à la sortie de crise», a-t-il relevé, de Strasbourg où il donnait le coup d’envoi de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. «Mais pour répondre aux variants, on voit que d’autres vaccins sont aujourd’hui plus efficaces», a-t-il poursuivi, en soulignant le «pragmatisme» dont l’UE avait toujours fait preuve sur la question des vaccins.

L’Agence européenne des médicaments se rend de son côté lundi en Russie pour inspecter les sites de production du vaccin Spoutnik V, toujours pas autorisé dans l’UE, même si la Hongrie a commencé à l’utiliser.

Vent de liberté

Les campagnes de vaccination s’intensifiant, plusieurs pays européens ont commencé ce week-end à lever certaines des restrictions imposées depuis des mois dans l’espoir de contenir les contaminations.

Un vent de liberté s’est ainsi levé dimanche avec la fin de l’état d’urgence sanitaire en Espagne, où les habitants ont pu enfin sortir de leur région ou se rassembler dans la rue le soir. Dans plusieurs villes du pays, cris, applaudissements et musique ont marqué, à 00 h 00 la fin de ce régime d’exception imposé depuis octobre et la levée dans la plupart des régions du couvre-feu.

«On dirait le Nouvel-An», disait Oriol Corbella, 28 ans, sorti dans les rues de Barcelone (nord-est) comme des centaines de jeunes. «On retrouve un peu de normalité, de la liberté, mais il faut garder à l’esprit que le virus est encore présent», ajoutait-il.

En Grande-Bretagne, Le Premier ministre britannique Boris Johnson va confirmer lundi l’assouplissement de restrictions liées à la pandémie causée par le coronavirus, s’appuyant sur l’amélioration de la situation sanitaire, ont annoncé ses services dimanche.

En Allemagne, les plus de 7 millions de personnes vaccinées en Allemagne bénéficient désormais d’assouplissements des strictes règles sanitaires. Cet assouplissement va leur permettre de se réunir à plusieurs ou d’entrer dans n’importe quel magasin sans avoir à présenter de test négatif, comme c’est actuellement le cas pour le reste de la population, à l’exception des commerces dits «essentiels» comme les supermarchés ou les pharmacies.

La Scala ouverte au public

Et dans certaines villes de Bavière, dans le sud de l’Allemagne, les terrasses des bars et restaurants rouvrent lundi. À Milan, dans le nord de l’Italie, c’est le célèbre théâtre de la Scala qui rouvre ses portes lundi au public.

Et l’île méditerranéenne de Chypre rouvre ses frontières lundi aux touristes vaccinés en provenance de 65 pays.

Ailleurs dans le monde, la situation restait tendue en Inde. Pour la première fois samedi, ce pays de 1,3 milliard d’habitants a enregistré la mort de plus de 4000 personnes due au Covid-19 en 24 heures et plus de 400’000 nouvelles contaminations. Mais les experts estiment que les chiffres officiels sont largement sous-évalués.

Le variant du coronavirus découvert dans ce pays est plus contagieux et présente des caractéristiques qui pourraient rendre les vaccins moins efficaces, contribuant à l’accélération de l’épidémie en Inde, a averti de son côté samedi la scientifique en chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Soumya Swaminathan. Pour le moment, il est très difficile de lutter contre le virus «car l’épidémie concerne des milliers de personnes et il se multiplie à une vitesse qu’il est très difficile d’enrayer», a encore dit Soumya Swaminathan, avertissant que la vaccination seule ne serait pas suffisante pour reprendre le contrôle de la situation.

L’Inde, qui est le plus grand producteur mondial de vaccins, n’a jusqu’à présent administré deux doses qu’à 2% de sa population.

Confinement en Tunisie

Aux États-Unis, le Covid-19, qui a officiellement fait 581’751 morts depuis début 2020, a sans «aucun doute» tué beaucoup plus de monde dans le pays le plus endeuillé au monde par la pandémie, a estimé dimanche le conseiller médical de la Maison-Blanche Anthony Fauci.

Et en Tunisie, Un nouveau confinement d’une semaine, englobant la fête musulmane célébrant la fin du ramadan, a commencé dimanche, au moment où les hôpitaux ont du mal à gérer l’augmentation des cas de coronavirus. Les autorités tunisiennes ont averti vendredi que le système de santé menaçait de «s’écrouler» en raison de l’afflux grandissant de malades dans les hôpitaux.

(AFP)

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