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IranLeurs recherches sur les félins les mènent en prison

Des scientifiques iraniens utilisaient des caméras et autres pièges photographiques pour leurs études. Accusés d'espionnage militaire, ils ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

par
CBO
Leurs recherches se concentraient sur le guépard asiatique et le léopard persan.

Leurs recherches se concentraient sur le guépard asiatique et le léopard persan.

iStock

La peine prononcée par le tribunal révolutionnaire iranien est lourde. Ce mercredi 20 novembre, six scientifiques de la Fondation pour la faune persane ont été condamnés à des peines allant de quatre à dix ans de prison. En janvier 2018, ils avaient été arrêtés pour espionnage, rapporte «Slate».

L'aile du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique les avaient accusés d'utiliser leurs recherches sur la protection de la vie sauvage en Iran comme couverture d'espionnage militaire. L'utilisation de caméras et de pièges photographiques, pour surveiller les espèces en voie de disparition qu'ils étudiaient, leur a été particulièrement préjudiciable.

Ces arrestations ont provoqués de vives réactions au sein des organisations internationales. De nombreuses personnalités scientifiques, issues de plus de 66 pays, ont envoyé une lettre à l'attention du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, lui expliquant que «les pièges photographiques sont un outil standard de surveillance de la faune».

Scientifiques binationaux malmenés

Parmi toutes les condamnations, c'est le scientifique à la double nationalité irano-américaine, Morad Tahbaz, qui a écopé de la peine la plus lourde, à savoir 10 ans d'emprisonnement. Son collègue Kavous Seyed-Emani, environnementaliste irano-canadien, est décédé en détention deux semaines après son arrestation. Officiellement, il s'agirait d'un suicide. Mais les proches du scientifique ont fortement mis en doute ces affirmations.

Depuis la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, les arrestations des binationaux en Iran se sont multipliées. D'après le journal «Le Monde», mettre en détention des ressortissants à la double nationalité servirait de moyen de pression sur les Etats occidentaux pour le régime iranien.

«Chaque fois que l'Iran veut renforcer ses moyens de pression contre les pays occidentaux, (…) il a recours à la prise d'otages pour négocier», a déclaré à l'AFP Alireza Nader, directeur du centre de réflexion New Iran basé à Washington.

Des dizaines de binationaux seraient actuellement derrière les barreaux en Iran, la plupart accusés de complot contre l'Etat.

CBO

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