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Changements climatiquesLeuthard plaide pour les technologies vertes à Varsovie

Doris Leuthard a appelé jeudi les participants à la conférence sur le climat à définir les grandes lignes d'un accord à partir de 2020.

A Varsovie, Doris Leuthard a plaidé en faveur d'investissements dans les technologies vertes, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, toutes mesures qui contribuent à réduire efficacement les émissions de CO2.

A Varsovie, Doris Leuthard a plaidé en faveur d'investissements dans les technologies vertes, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, toutes mesures qui contribuent à réduire efficacement les émissions de CO2.

Pour la conseillère fédérale, une croissance durable est possible à condition d'investir dans l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Les ONG ont elles claqué la porte de la réunion, qui «ne débouche sur rien».

Pour limiter le réchauffement de la planète, tous les pays doivent réduire sensiblement leurs rejets de gaz à effet de serre, a rappelé la ministre suisse, selon un communiqué du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC).

Il y a deux ans, la communauté internationale a décidé d'élaborer à cet effet un accord valable pour tous les pays et de le conclure en 2015. Il est donc temps d'en définir les grandes lignes, notamment la durée de la période d'engagement et les méthodes servant à mesurer les réductions réalisées, a estimé Doris Leuthard.

Ces éléments-clés devront constituer la base d'un accord obligeant tous les Etats à réduire leurs émissions. A défaut de quoi l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à deux degrés par rapport à 1990 ne pourrait pas être atteint, a souligné la ministre devant l'assemblée plénière.

2e période sous Kyoto

La Suisse est disposée à fournir sa contribution. Elle souhaite dans un premier temps une deuxième période d'engagement sous le Protocole de Kyoto. La cheffe du DETEC a ainsi exhorté les pays industrialisés et émergents au taux élevé d'émissions à le réduire encore d'ici 2020.

Elle a plaidé en faveur d'investissements dans les technologies vertes, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, toutes mesures qui contribuent à réduire efficacement les émissions de CO2.

Les pays industrialisés devront également aider les pays en développement. Le transfert de savoir-faire doit ainsi être intensifié, a affirmé Doris Leuthard.

Les ONG claquent la porte

La ministre suisse a exprimé sa compréhension envers les grandes ONG environnementales. Ces dernières ont décidé de claquer la porte de la conférence, dont les pourparlers ne débouchent selon elles «sur rien». Les faits sont clairs, mais les progrès ne viennent pas, a regretté Doris Leuthard, selon le porte-parole du DETEC, Harald Hammel.

A la veille de la clôture officielle de la conférence, qui s'est ouverte le 11 novembre en présence de délégations de plus de 190 pays, ce geste des ONG renforçait encore le pessimisme ambiant.

Après une nouvelle nuit de pourparlers, la commissaire européenne au Climat Connie Hedegaard a regretté jeudi matin que «les négociations n'avancent pas».

Partage des responsabilités

Le chemin vers un accord en 2015 est pavé d'obstacles, le principal étant le partage des responsabilités entre pays industrialisés et pays en développement, notamment les grands émergents dont la Chine, premier pollueur au monde.

Les grands pays émergents ne cessent d'insister sur le fait que les pays industrialisés, responsables historiquement du réchauffement, doivent en faire beaucoup plus qu'eux. Cette position est fermement rejetée par les Etats-Unis, deuxième pollueur au monde, qui refusent que la Chine bénéficie d'un traitement de faveur.

«Nous devons laisser l'idéologie à la porte», a lancé le négociateur en chef américain Todd Stern. Un accord basé sur cette ligne de partage entre pays développés et en développement «ne fonctionnera pas», a-t-il affirmé.

Pays du Nord pas épargnés

Selon le directeur de Greenpeace international Kumi Naidoo, «la Chine peut changer la donne, mais elle n'a pas encore traduit ses efforts nationaux en engagements constructifs dans ces pourparlers».

Pour autant, les pays du Nord ne sont pas épargnés par les ONG. Celles-ci critiquent le recul du Japon, de l'Australie, et du Canada en matière de lutte contre le réchauffement. Sur la question de l'aide financière aux pays du Sud, «les gouvernements ont craché au visage de ceux qui souffrent du changement climatique», selon Kumi Naidoo.

Les pays du Sud exigent plus de «visibilité» sur l'aide de 100 millards de dollars par an promise d'ici 2020 pour les aider à faire face au réchauffement, et la création d'un mécanisme pour prendre en compte «les pertes et dommages» subis à cause du changement climatique.

(ats)

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