Guatemala: Levée de l'immunité du président au Parlement

Publié

GuatemalaLevée de l'immunité du président au Parlement

Le Parlement devra étudier la possibilité de lever l'immunité de Jimmy Morales, soupçonné de financement illégal de sa campagne.

Des Guatemaltèques manifestaient lundi devant la Coru suprême du pays, qui a finalement décidé d'accepter de transmettre au Parlement la question de l'immunité du président Morales. (Image - lundi 4 septembre 2017)

Des Guatemaltèques manifestaient lundi devant la Coru suprême du pays, qui a finalement décidé d'accepter de transmettre au Parlement la question de l'immunité du président Morales. (Image - lundi 4 septembre 2017)

Keystone

La cour suprême du Guatemala a accepté lundi de transmettre au Parlement une demande de levée de l'immunité du président Jimmy Morales. Il est soupçonné de financement illégal de sa campagne électorale en 2015.

«Le processus se poursuit comme prévu par la loi», a déclaré le porte-parole de la cour. La requête va être transmise au Parlement, qui formera une commission chargée de formuler des recommandations aux députés sur le sujet. Pour lever l'immunité du chef de l'Etat, il faudra ensuite qu'au moins 105 des 158 parlementaires votent en ce sens.

Les analystes jugent peu probable qu'il y ait les votes nécessaires, en raison des alliances nouées par le parti au pouvoir, le FCN-Nation (droite), au sein du Parlement.

Manifestations hostiles

La levée de l'immunité a été demandée le 25 août par le parquet et la commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), mission spéciale de l'ONU, chargée d'enquêter sur les affaires de corruption.

Furieux, Jimmy Morales a réagi deux jours plus tard en accusant le chef de la CICIG, le Colombien Ivan Velázquez, de s'immiscer dans les affaires internes du pays et en ordonnant son expulsion immédiate.

Une décision qui a fait polémique et déclenché des manifestations hostiles de Guatémaltèques, avant d'être finalement annulée par la cour constitutionnelle.

Le pays traverse ainsi sa deuxième crise politique en deux ans, après le départ puis l'incarcération en 2015 du président d'alors, Otto Perez, au terme de mois de manifestations populaires contre un scandale de corruption et de fraude fiscale au plus haut niveau de l'Etat.

Acteur comique sans aucune expérience politique, Jimmy Morales avait alors été élu sur le slogan «Ni corrompu ni voleur».

(ats)

Ton opinion