Genève: L’ex-bras droit de Pierre Maudet réfute tout «copinage»
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GenèveL’ex-bras droit de Pierre Maudet réfute tout «copinage»

Le procès tant attendu du conseiller d’État démissionnaire et de quatre coaccusés s’est ouvert lundi. Son ancien lieutenant conteste les accusations.

par
Léonard Boissonnas
Pierre Maudet et ses avocats à leur arrivée devant le Palais de justice à Genève, le 15 février 2021.

Pierre Maudet et ses avocats à leur arrivée devant le Palais de justice à Genève, le 15 février 2021.

20min/Marvin Ancian

Pierre Maudet sur le banc des accusés, au Palais de justice. C’était l’image forte du premier jour d’audience de son procès et de celui de quatre coprévenus. Le magistrat démissionnaire, accusé d’acceptation d’avantages en lien avec son voyage à Abu Dhabi tous frais payés en 2015 et avec un sondage financé par des tiers en 2017, n’a pourtant pas pris la parole. Ce sont trois coaccusés qui ont été auditionnés, dont son ex-chef de cabinet Patrick Baud-Lavigne et l’homme d’affaires et ami de Pierre Maudet, Antoine Daher.

Invitation privée

Sur Abu Dhabi, son ancien lieutenant, qui doit aussi répondre d’acceptation d’avantages, a expliqué qu’il s’agissait d’une invitation «à titre privé, en tant qu’ami de Pierre Maudet». Donc pour lui, rien à voir avec un cadeau fait à un fonctionnaire qui pourrait l’avoir influencé par la suite. D’ailleurs, aucune de ses tâches à l’époque n’aurait pu intéresser les Émiratis, selon lui.

Au sujet du sondage, payé notamment par Antoine Daher en vue de l’élection de Pierre Maudet, l’ancien haut fonctionnaire n’y voit aucun problème: «Cela rentrait dans le cadre d’une campagne typique. Personne ne s’attend parmi les donateurs à ce que le politicien élu leur soit ensuite redevable.» Quant à des contacts avec l’administration à la demande d’Antoine Daher concernant des dossiers de tiers, Patrick Baud-Lavigne a réfuté le terme de «copinage» et évoqué une pratique courante, un «coup de main à des administrés».

Une amitié «sincère»

Antoine Daher, poursuivi pour octroi d’avantages, a expliqué avoir seulement servi de «courroie de transmission» quant à l’organisation du voyage à Abu Dhabi. Il ne s’agissait aucunement faire du «réseautage», a-t-il prétendu. Son amitié avec Pierre Maudet depuis 2011 est «sincère» et s’il a financé une partie du sondage du conseiller d’État, c’est que «l’idée m’a plu», a encore dit celui qui a déclaré vouer une admiration pour le politicien: «C’est un excellent ambassadeur pour Genève.»

«J’en veux aux personnes devant moi»

Lundi matin, l’audience a commencé par le volet du bar L’Escobar, pour lequel a comparu l’ex-chef du Service du commerce, Raoul Schrumpf. Il est accusé d’avoir ordonné à ses collaborateurs d’accélérer le processus d’octroi d’autorisation d’exploiter, alors que des pièces manquaient au dossier. Ému, il a relaté avoir agi sur injonction de Patrick Baud-Lavigne, avoir obéi à un «ordre politique»,et s’est dit «déçu d’avoir été instrumentalisé»: «J’en veux aux personnes devant moi», a-t-il déclaré, désignant Pierre Maudet et son ex-bras droit.

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