Lex Netflix: défaite logique pour les libéraux jusqu’au-boutistes
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CommentaireCinéma: défaite logique pour les libéraux jusqu’au-boutistes

Dorénavant nous allons surveiller si les plateformes mettent à exécution la menace brandie par les opposants: augmenter de 4% le prix des abonnements…

par
Eric Felley
Les plateformes de streaming vont-elles dégainer avec une hausse de 4% ?

Les plateformes de streaming vont-elles dégainer avec une hausse de 4% ?

Getty Images/fStop

Il n’y a pas eu de suspense finalement ce dimanche sur le seul objet où les sondages donnaient du 50/50, même si le camp du oui a toujours eu une courte longueur d’avance. Au final, la différence est nette et le message est clair, en Suisse romande encore plus. Le discours ultralibéral des opposants n’a pas convaincu face aux centaines de millions de francs que les plateformes encaissent en Suisse, sans la moindre contrepartie fiscale. Cette campagne aura eu le mérite de faire découvrir cette réalité économique.

Libre et responsable

Soutenue par le Centre et la gauche, le résultat du vote de la loi sur le cinéma reflète assez justement la défiance qu’il y a dans ce pays envers un libéralisme décomplexé. Le PLR a connu des tourments au sujet de cette loi. Après l’avoir soutenue aux Chambres, il s’est ravisé pour s’y opposer au nom du dogme libéral. «Libre et responsable», telle est la devise du parti. Dimanche, le président du groupe, Damien Cottier, a évoqué le placement du «curseur» en la matière. Les Suisses ont signifié que les plateformes se devaient d’être aussi responsables et pas seulement libres.

Jouer le jeu du cinéma suisse

Dorénavant nous allons surveiller si elles mettent à exécution la menace brandie par les opposants d’augmenter de 4% le prix des abonnements, qui sont déjà les plus chers au monde… Si elles le font, Alec von Barnekow et Philippe Nantermod auront eu raison de nous mettre en garde. Dans ce monde cupide, la logique du profit et la mécanique des marges sont imparables. Cependant, pour leur image, elles feraient mieux de ne pas le faire et de jouer le jeu du cinéma suisse, ce que l’on attend d’elles.

Taxer le succès pour financer l’échec

Ce résultat est enfin une marque de confiance pour le cinéma suisse. La boutade mortifiante de Céline Amaudruz, pour qui cette loi revenait à «taxer le succès pour financer l’échec», n’a pas eu l’efficacité escomptée. Cinésuisse communique ce dimanche qu’à l’avenir «les films et séries suisses rencontreront un public globalisé offrant à la Suisse une carte de visite inestimable à l’international.» On attend de voir. Peut-être que la formule de la Genevoise prendra une nouvelle tournure: «Taxer le succès pour financer le succès!»

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