30.05.2012 à 13:31

Sierra LeoneL’ex-président Charles Taylor condamné à 50 ans de prison

L’ancien leader du Liberia a été condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Celui-ci l’avait reconnu coupable le 26 avril de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

Charles Taylor, lors de l'audition mercredi.

Charles Taylor, lors de l'audition mercredi.

Reuters

«La Chambre vous condamne unanimement à une peine unique de 50 ans d’emprisonnement», a déclaré le juge samoan Richard Lussick, lors d’une audience publique à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye.

«L’accusé est responsable d’avoir aidé et encouragé, ainsi que d’avoir planifié, certains des crimes les plus haineux de l’histoire de l’humanité», a ajouté le juge Lussick, pour justifier la peine.

«Il mourra en prison»

«Dans les faits, Charles Taylor mourra en prison, c’est de facto une peine de prison à vie», a assuré l’avocat lors d’une conférence de presse à l’issue du prononcé de la peine devant le Tribunal spécial.

Charles Taylor, 64 ans, purgera sa peine en Grande-Bretagne en vertu d’un accord avec le TSSL qui ne prononce pas de peine de prison à vie mais fixe un certain nombre d’années de prison.

L’accusation avait «recommandé» le 3 mai une peine de 80 ans de prison, jugée «disproportionnée et excessive» par la défense de l’ancien président, premier ex-chef d’Etat condamné par la justice internationale depuis le tribunal militaire international de Nuremberg.

Arrêté en 2006

Président de la Sierra Leone de 1997 à 2003, Charles Taylor, arrêté en 2006 au Nigeria, avait été reconnu coupable le 26 avril de onze chefs de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, dont viol, meurtre et pillage, commis entre 1996 et 2002 en Sierra Leone.

Charles Taylor a, selon les juges, «aidé et encouragé» une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone dans le but d’exploiter ses diamants, pendant une guerre civile qui avait fait 120’000 morts entre 1991 et 2001, marquée par des nombreux actes de cannibalisme et mutilations.

Le procès de Charles Taylor, délocalisé de Freetown à Leidschendam en 2006 pour des raisons de sécurité, s’était ouvert le 4 juin 2007 et achevé le 11 mars 2011.

Condamnation saluée

Des victimes de la guerre civile en Sierra Leone ont salué mercredi la condamnation de Charles Taylor. Un profond silence a accueilli le verdict retransmis en direct depuis La Haye, dans la salle du Tribunal spécial de la capitale sierra-léonaise où s’étaient réunies plusieurs centaines de personnes.

"Le rideau est maintenant tiré sur Charles Taylor. J’espère qu’il sera hanté par ses actes pendant qu’il croupira en prison", a déclaré Alhadji Jusu Jarka, ancien président de l’association des amputés. En 1999, il avait eu les deux bras amputés par les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) appuyés par Charles Taylor.

Dans la salle, la plupart des personnes qui ont entendu le verdict - victimes, responsables politiques, représentants de la société civile - ont manifesté sobrement leur satisfaction, sans cris de joie.

"C’est excellent!", a cependant jugé l’activiste Charles Mambu. "Cela montre que les temps changent, nous les défenseurs des droits de l’Homme nous sommes heureux de ce verdict".

(afp/ats)

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