Football: L'express de Saint-Jacques est désormais lancé

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FootballL'express de Saint-Jacques est désormais lancé

Dans le choc au sommet de Super League, Bâle a déclassé YB 3-0 et relancé le championnat.

par
Nicolas Jacquier
Bâle

Parce que l'on est abreuvé d'images en provenance de l'étranger, on a souvent tendance à croire que le championnat de Suisse ne vaut pas pipette, que la Super League représente à tout le moins une compétition de seconde zone, très éloignée des standards européens rencontrés dans les supposés «vrais» pays de foot.

Un savoureux choc au sommet

C'est en partie vrai pour ce qui est du décor et de l'engouement populaire, qu'il est bien sûr difficile d'égaler, mais quand les deux meilleures équipes du pays s'affrontent comme ce fut le cas dimanche à Saint-Jacques, qu'en est-il véritablement? Le rendez-vous a donné tort à tous ceux qui s'ingénient, souvent à tort, de déprécier le niveau de ce qui se fait de mieux en Suisse.

A cet égard, ce Bâle-YB ne dépareillerait certainement pas en Bundesliga; il aurait aussi toute sa place en Italie ou en France, n'ayant rien à envier à ces autres rencontres au sommet dont on attend parfois monts et merveille et qui, au final, se dégonflent souvent.

Une ambiance de feu, plus de 30'000 spectateurs, un club en démonstration, un autre en grande souffrance: à défaut d'intensité dramatique (on a très vite compris qu'YB n'y était pas), oui, le «classico» helvétique aura constitué une belle publicité pour notre football, en dépit d'inévitables temps faibles, renforcés encore par le poids des erreurs individuelles quand ce n'est pas des limites atteintes par certains éléments. Comme quoi, il n'est pas nécessairement besoin d'être deux pour offrir un spectacle de qualité.

YB n'a pas vraiment existé

Au spectacle de ce Bâle-YB qui devait rapidement tourner à la faillite du champion sortant, un constat s'impose: les visiteurs, craquant mentalement, avec un état d'esprit étonnamment défaillant, ont d'abord perdu ce choc au sommet dans leur tête, manquant de l'élémentaire agressivité sans laquelle rien n'est alors possible. Face à des Rhénans remontés comme des coucous, voilà qui ne devait pas pardonner.

Au moment où le FCB affiche très clairement des ambitions renouvelées – celles de reconquérir une couronne qui lui échappe depuis deux ans -, le champion sortant a paru très vite à court d'arguments. Il y a manifestement quelque chose de grippé, voire même de cassé, dans le moteur de la belle machine du stade de Suisse.

Une défense fragile

A commencer par une défense qui encaisse désormais trois buts à chaque sortie en championnat et au sein de laquelle personne ne surnage. A tous les niveaux du reste, à commencer par celui de l'engagement, le champion a failli, lui qui, déjà mené 2-0 après moins d'un quart d'heure, n'a pas vraiment eu le temps d'exister sur la pelouse de Saint-Jacques.

Comparé à un YB auquel il manquait trop de choses pour revendiquer un autre verdict, Bâle a tout fait mieux, couru plus vite et sauté plus haut. Ce n'est pas un hasard si l'on ne devait que peu voir Nsame et Hoarau, les deux terreurs bernoises, demeurées bien inoffensives. Ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Intenable, Zhegrova, la nouvelle pépite des bords du Rhin, leur a volé la vedette pour signer un festival qui a valu à son auteur une standing-ovation lors de son remplacement.

Un parfum de soirée européenne

A dire vrai, le public bâlois, entré en communion avec son équipe, a vécu un dimanche après-midi de rêve comme Saint-Jacques n'en avait plus connu depuis longtemps, rappelant les plus folles soirées européennes. Voici plusieurs mois déjà que le retour au premier plan du FC Bâle se précisait ; on en a désormais l'éclatante démonstration: quittant la voie de garage, l'express de Saint-Jacques est lancé à vive allure. Dimanche prochain, il faudra ainsi un tout autre FC Sion que celui qui s'est péniblement défait de la lanterne rouge ce week-end (2-1 contre Thoune) pour espérer pouvoir le faire dérailler.

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