Football - L’heure est aux rêves pour Bienne, aux regrets pour le SLO
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FootballL’heure est aux rêves pour Bienne, aux regrets pour le SLO

Petit Poucet de la compétition, Bienne a éliminé Stade Lausanne-Ouchy mardi en huitième de finale de la Coupe de Suisse. Retour sur une soirée forte en émotions.

par
Chris Geiger
Les Séelandais ont fêté dignement leur qualification pour les quarts de finale.

Les Séelandais ont fêté dignement leur qualification pour les quarts de finale.

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L’exploit réalisé par Yverdon face à Zurich (2-2 ap, 11-10 tab) mardi en Coupe de Suisse a quelque peu éclipsé celui de Bienne contre Stade Lausanne-Ouchy (1-0). La qualification pour les quarts de finale du néo-promu en Promotion League, une première depuis la saison 2011/2012, est toutefois une véritable prouesse pour le club séelandais et son entraîneur Anthony Sirufo.

«Il faut profiter de ces moments-là, s’exclame d’entrée le technicien français, la voix cassée. Avec l’excitation du match, on a toujours un peu de mal à trouver le sommeil. Mais les victoires sont régénératrices dans le football. On s’est donc réveillés ce matin (ndlr: mercredi) avec un bon moral et la fatigue physique va s’évacuer plus facilement.»

Car, pour éliminer un adversaire d’une division supérieure, il n’y a pas de miracle: il faut laisser ses tripes sur le terrain. «Stade Lausanne-Ouchy est une très bonne formation de Challenge League et joue bien au football, souligne le coach de 42 ans. On a tout donné et on a eu un état d’esprit remarquable. Je pense d’ailleurs que les Vaudois savaient qu’on était une bonne équipe, mais ne s'attendaient certainement pas à avoir une telle opposition.»

«La victoire est d'autant plus gratifiante pour nous»

Anthony Sirufo

Si la formation de Meho Kodro a logiquement eu une légère emprise sur la rencontre, ce sont bien les Biennois qui ont passé l’épaule dans les dernières minutes sur un penalty de Brian Beyer (89e).

«Je dirais que cette qualification est méritée par rapport à tous nos efforts, même si le match était très serré, poursuit Anthony Sirufo. Je n’ai d’ailleurs pas la sensation que les Vaudois nous ont sous-estimés. Au contraire, ils ont fait un vrai match avec leur équipe-type et nous ont respecté. La victoire est d'autant plus gratifiante pour nous.»

Une impression confirmée par le capitaine des Lions, Lavdrim Hajrulahu. «On n’a pas sous-estimé Bienne, assure le défenseur central. Le coach nous avait averti à plusieurs reprises et nous avait prévenus que ce ne serait pas facile. Le contexte dans lequel on se trouve n’aide pas, mais ce n’est pas une excuse valable pour des joueurs professionnels.»

De retour de quarantaine, le club lausannois a effectivement vu son rythme être coupé la semaine dernière. Ce n’est toutefois pas cette donnée qui a précipité l’élimination des Stadistes. «Il nous a manqué de la concentration et du réalisme par moments, concède l’arrière kosovar. On a aussi subi leur rythme. On n’a pas fait preuve de professionnalisme par moments sur le terrain, même si je suis certain que l’envie était là.»

«On perd un peu de crédibilité»

Lavdrim Hajrulahu

Des carences qui ont particulièrement déçu le joueur de 23 ans. «Il y a de la déception, de la frustration et de la colère étant donné qu’on était les favoris, avance-t-il. On a manqué quelque chose car ce n’est pas toutes les années qu’on peut jouer les quarts de finale. On aurait pu tomber sur une équipe de Super League, ce qui nous aurait permis de nous montrer individuellement et nous offrir des opportunités. On passe surtout à côté de quelque chose d’historique pour le club. Sans faire offense à Bienne, on perd aussi un peu de crédibilité puisqu'on se fait éliminer par une équipe de Promotion League.»

Stade Lausanne-Ouchy ne disputera donc pas le premier quart de finale de Coupe de Suisse de son histoire et c’est bien Bienne qui peut rêver d’une affiche alléchante. «C’est clair que si on peut avoir une équipe comme Young Boys, qui est la meilleure équipe du pays actuellement, qui dispute la Ligue des champions, qui bat Manchester United, ce serait grandiose, se projette Anthony Sirufo. Ce serait une magnifique récompense pour les joueurs de pouvoir les affronter à la Tissot Arena, dans un stade plein.»

De quoi donner faim au club seelandais dont la volonté est de rejoindre la Challenge League à moyen terme.

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