Canton de NeuchâtelL’homme qui a poignardé son épouse érythréenne venait d’arriver en Suisse
Un hommage silencieux a été rendu vendredi à la mémoire de la femme tuée par son mari la veille à Peseux (NE).

- par
- Vincent Donzé

Le crime a été commis jeudi matin à Peseux après un regroupement familial.
Avec des roses et des pancartes dénonçant un féminicide de plus, un hommage silencieux a été rendu vendredi devant la fontaine de la Justice à Neuchâtel, à la mémoire de la femme érythréenne tuée la veille par son mari à Peseux (NE). Selon le média «Arcinfo», une dispute est à l’origine du crime.
L’homme qui a poignardé son épouse à plusieurs reprises résidait en Suisse depuis un mois. Son arrestation s’est déroulée dans le calme et il a avoué son méfait. Selon le procureur Nicolas Feuz, ce féminicide «n’a aucune connotation culturelle, ni de liens avec la nationalité de cette famille de réfugiés».
Famille nombreuse
La victime avait 34 ans. Arrivée en Suisse avec ses enfants il y a deux ans, elle était mère d’une famille nombreuse. Selon «Arcinfo», elle avait sollicité un regroupement familial après plusieurs années de séparation, principalement pour le bien des enfants du couple.
«Ce geste ne représente pas notre communauté. Les femmes sont très respectées chez nous, et vice versa», a expliqué à «Arcinfo» une responsable du Club érythréen de Lausanne. Des discussions ont été engagées avec Caritas pour entourer les enfants et les quelques proches de cette famille, assistée par l’Office de protection de l’enfant.
«Il faut voir comment ces réfugiés arrivent jusqu’ici: la pression des passeurs, la peur de se faire attraper à chaque passage de frontière, le risque de mourir… Cela pèse. Ces gens ont besoin d’une thérapie psychiatrique dans le pays d’accueil», a indiqué à «Arcinfo» Luul Sebhatu, représentant des réfugiés au sien de la commission cantonale pour l’intégration des étrangers.