12.02.2013 à 07:20

Etats-UnisL’homme qui a tué Ben Laden est sans protection sociale

Le militaire qui a abattu le chef d'Al-Qaïda est un père de famille de 35 ans qui a quitté l'armée et qui se retrouve désormais sans protection sociale. Il a raconté le raid mené au Pakistan.

AFP

Il a vu Oussama Ben Laden rendre son dernier souffle après lui avoir logé trois balles dans la tête: le Navy Seal qui a tué le chef d’Al-Qaïda à Abbottabad au Pakistan en mai 2011 est un père de famille de 35 ans. Il se retrouve aujourd’hui sans protection sociale après avoir quitté l’armée.

Dans un long entretien au magazine «Esquire» réalisé sous le couvert de l’anonymat pour préserver son devoir de réserve et la sécurité de sa famille, ce commando d’élite de la désormais fameuse Team 6 des Navy Seals, présenté comme «le tireur», raconte le raid mené en plein coeur du Pakistan mais aussi une situation personnelle surprenante.

A 35 ans, après 16 ans dans la Marine qu’il a rejointe à 19 ans à la suite d’une déception sentimentale, il se retrouve aujourd’hui sans retraite ni assurance-maladie parce qu’il n’a pas passé les 20 ans nécessaires sous les drapeaux pour bénéficier d’une protection sociale à vie. Père de famille, il vit toujours avec sa femme, dont il est pourtant séparé.

Ce vétéran aux multiples déploiements, qui a longtemps passé plus de 300 jours par an en mission et tué à lui seul une trentaine d’»ennemis combattants» selon la terminologie officielle, a quitté l’armée à l’été 2012 et est maintenant consultant, payé à la pige.

«C’est lui, boum, c’est fait»

Le moment-clé de la mission d’une vie est décrit avec précision et sobriété. Quand il entre dans la chambre de Ben Laden, tout va très vite: «C’était comme un instantané d’une cible d’entraînement. C’est lui, sans aucun doute. (...) C’est automatique, la mémoire musculaire. C’est lui, boum, c’est fait».

Il est le premier à entrer dans la pièce du troisième étage de la résidence. Le chef d’al-Qaïda est dans le noir, ne voit rien, tandis que lui est équipé de lunettes de vision nocturne. «Il y avait Ben Laden là, debout. Il avait ses mains sur les épaules d’une femme, la poussant devant, pas exactement vers moi mais dans la direction du vacarme du couloir. C’était sa plus jeune femme, Amal».

Il tire deux balles, puis une autre, dans la tête de l’homme le plus recherché au monde. «Il était mort. Il ne bougeait pas. Sa langue pendait. Je l’ai vu prendre ses dernières inspirations, juste une respiration réflexe», détaille l’opérateur, qui se dit «stupéfait» par la grande taille de Ben Laden.

L’équipe s’est entraînée sur des répliques de la résidence en Caroline du Nord puis au Nevada avant de s’envoler pour Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan. Le soir de l’opération, après 90 minutes de vol assis sur des chaises de camping à bord des hélicoptères furtifs, l’opération, «loin d’être la plus dangereuse de sa carrière», se déroule comme des centaines d’autres.

(ats/afp)

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