Valais - Liberté de la presse: le conseiller d’État n’avait pas «contrôlé» sa directive
Publié

ValaisLiberté de la presse: le conseiller d’État n’avait pas «contrôlé» sa directive

Étrange rétropédalage en Valais à la suite d’une directive visant à contrôler la presse par le conseiller d’État Frédéric Favre.

par
Eric Felley
Dans la directive signée par le conseiller d’État, sur un sujet «délicat», les journalistes auraient dû faire relire l’entier de leur article à l’administration avant publication.

Dans la directive signée par le conseiller d’État, sur un sujet «délicat», les journalistes auraient dû faire relire l’entier de leur article à l’administration avant publication.

françois melillo

C’est le rédacteur en chef de la chaîne de télévision haut-valaisanne Kanal9, Sebastian Glenz, qui a sorti le document. Une directive datée du 13 juillet et signée par le conseiller d’État Frédéric Favre (PLR), actuellement président du Gouvernement, fixait de nouvelles règles entre les cadres de l’administration et les journalistes.

Selon ce document, les questions devraient être adressées par écrit en annonçant la date de publication, les réponses pourraient être complétées ou corrigées par le chargé de communication ou le conseiller d’État lui-même. Enfin, pour les articles qualifiés de «délicats», les journalistes devraient soumettre l’entier de l’article avant publication.

Cette directive a fait réagir la présidente de l’Association de la presse valaisanne (APVs), Christine Savioz: «C’est une atteinte grave à la liberté de la presse et l’APVs ne peut pas accepter une telle attitude». Et d’ajouter, citée par «Le Nouvelliste»: «Nous attendons fermement que Frédéric Favre fasse un rapide retour en arrière, comme il l’a dit au micro de la RTS dimanche.»

En effet, appelé à s’expliquer sur les ondes de la RTS, le conseiller d’État a fait marche arrière dimanche, précisant qu’il avait «mal contrôlé le document au moment de le signer». Du coup, Frédéric Favre explique que rien ne va changer et qu’il s’en tiendra aux règles actuelles: «Il s’agit de celles que j’applique depuis quatre ans déjà, à savoir la relecture des citations et la proposition de relire un article si le dossier est technique. Mais cela reste le libre choix du journaliste. Dans tous les cas, son article lui appartient.»

Les partis politiques ont réagi à cette affaire, qui n’en est plus une… Le PLR, le PDC ou l’UDC sont prêts à passer l’éponge. La cheffe du groupe des Verts, Céline Dessimoz, laisse toutefois une bonne question en suspens: «Qui a écrit cette directive? Comment a-t-il pu signer ce document contenant des éléments contraires aux droits de la presse? Ça reste incompréhensible…»

Votre opinion

19 commentaires