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ItalieLiberté partielle pour le maire du «village des migrants»

Le maire de Riace a vu son assignation à résidence levée mais a en revanche été interdit de séjour dans sa commune.

Domenico Lucano ne peut toutefois par remettre un pied dans sa commune pour le moment.

Domenico Lucano ne peut toutefois par remettre un pied dans sa commune pour le moment.

AFP

Le maire de la commune italienne de Riace, en résidence surveillée depuis le 2 octobre sous l'accusation d'aide à l'immigration clandestine, a vu son assignation levée mardi par la justice. Il a toutefois été interdit de séjour dans sa commune.

Les avocats du maire réclamaient devant le tribunal de Reggio de Calabre la levée de l'assignation à résidence de leur client, qui avait aussi été suspendu de sa fonction par le préfet. Le juge en charge du dossier avait motivé sa décision en raison de la possible réitération du délit reproché au sexagénaire.

Ce dernier recouvre donc la liberté, mais se retrouve dans le même temps interdit de séjour sur le territoire de sa commune, considérée comme un modèle en matière d'intégration des migrants. Son village de 1800 habitants faisait partie depuis des années du dispositif italien dit «SPRAR» (système de protection des demandeurs d'asile et des réfugiés) qui consiste en des centres gérés par les municipalités locales, via des subventions publiques.

Mariages blancs

Le gouvernement populiste italien formé par La Ligue (extrême droite) et le mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème) remet actuellement en question ce système d'accueil des migrants dans des petites structures, qui profite à nombre de communes.

«Même sans les aides publiques nous continuons seuls parce qu'au fil des années nous avons construit des aides à l'intégration qui font aujourd'hui la différence», a déclaré mardi le maire, quelques heures avant de connaître la décision du tribunal. «Nous devons sortir du SPRAR. Je ne veux plus avoir à faire avec ceux qui n'ont pas confiance et avec ce gouvernement qui souvent ne respecte pas les droits de l'homme», a-t-il ajouté.

Maire depuis 2004, proche de la gauche, il est soupçonné d'aide à l'immigration clandestine pour avoir favorisé des mariages blancs afin d'aider des femmes déboutées du droit d'asile à rester en Italie. Il est aussi accusé de s'être passé d'appel d'offres pour attribuer la gestion des déchets de son village à des coopératives liées aux migrants. Il y a deux ans, le maire avait été classé à la 40e place parmi les 50 personnes les plus influentes au monde par le magazine américain «Fortune».

(ats)

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