Orbe (VD): Libre mais toujours accusé de meurtre
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Orbe (VD)Libre mais toujours accusé de meurtre

Il y a un mois, le procureur relaxait D., qui a emmuré son épouse sous leur maison. Le Vaudois conteste fermement l’avoir éliminée. Il admet son «enterrement».

par
Evelyne Emeri
Délabrée et lugubre, elle aura servi de caveau funéraire pour M.-L.

Délabrée et lugubre, elle aura servi de caveau funéraire pour M.-L.

Yvain Genevay/FB

Le quinquagénaire vaudois a-t-il tué sa femme avant de lui fabriquer une sépulture sous les escaliers du perron de la maison familiale? Ou était-elle déjà morte lorsqu’il a discrètement creusé la terre, l’été passé, pour atteindre le vide sanitaire qui allait servir de tombeau à M.-L., 55 ans, jusqu’au 23 octobre? C’est «la» question centrale à laquelle le procureur Laurent Contat va devoir répondre.

D’autres prévenus?

«L’enquête est toujours en cours. Le rapport final de la médecine légale n’est pas encore déposé et les conclusions de l’expertise psychiatrique ne sont pas encore connues», note le magistrat chargé de ce fait divers particulièrement glauque. Et d’insister: «La relaxe de D. ne change rien aux qualifications des infractions qui demeurent identiques: il est toujours prévenu de meurtre, subsidiairement d’omission de prêter secours, et d’atteinte à la paix des morts. Une libération ne préjuge pas le fond de l’affaire. Il n’a pas d’antécédents, il est Suisse. Après six mois de détention provisoire, le risque de collusion (ndlr: le seul retenu par le procureur) a pu être écarté.»

Le détenu est ressorti totalement libre le 21 avril. Aucune mesure de substitution (bracelet, contrôle judiciaire, etc.) n’a été ordonnée s’agissant du risque de fuite. «Je pars de l’idée que D. viendra à mes convocations», glisse aussi le procureur Contat. Rappelons que le prévenu n’avait pas cherché à fuir lorsque, le 22 octobre dernier, il avait avoué à sa fille aînée où se trouvait le corps de sa maman et que celle-ci était allée le dénoncer à la police. Restait le critère de la récidive qui n’est, logiquement, jamais entré en ligne de compte.

Il nie toute implication

Sur l’éventualité d’une mise en prévention d’autres individus, le parquet ne répond pas. On pense au fils adulte du couple, qui vivait encore avec ses parents dans cette lugubre bâtisse du Nord vaudois. Également à leur fille qui réside en France voisine avec les siens et qui ne parvenait plus à joindre sa mère par téléphone depuis de très longues semaines. Leur père leur a raconté qu’elle était en vacances durant trois mois, alors qu’elle ne sortait quasi plus du domicile. Il faisait à l’identique avec les voisins et ses copains de bistrot auxquels il se plaignait d’avoir été quitté.

Du côté de la défense, Me Mathias Burnand, avocat de D., commente brièvement: «Mon client conteste toute implication dans le décès de son épouse. Pour le surplus et à ce stade, je ne souhaite pas m’exprimer avant la clôture de l’enquête.» En revanche, le meurtrier présumé a admis l’avoir «inhumée». Dans les faits: l’avoir emmurée sous leur demeure. Tous savaient la défunte fragile, borderline et suicidaire. D. prétend avoir retrouvé sa femme, M.-L., sans vie et avoir répondu à des exigences particulières, tétanisée qu’elle était par l’incinération et la mise en terre. Raison pour laquelle l’accusé lui aurait confectionné cette cachette et l’a déposée délicatement sur un lit de paille.

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