12.08.2020 à 11:42

FootballLichtsteiner met un terme à sa longue carrière

Le latéral droit de 36 ans a annoncé sa retraite sportive. L’ancien de la Juventus, notamment, restera comme l’un des meilleurs joueurs suisses de l’histoire.

par
Robin Carrel
Stephan Lichtsteiner a décidé de dire stop.

Stephan Lichtsteiner a décidé de dire stop.

KEYSTONE

C’est un sacré morceau de football suisse qui a décidé de dire stop, ce mercredi. Car Stephan Lichtsteiner, c’est une gueule, c’est un caractère, mais c’est aussi un très grand joueur qui ne foulera plus, dorénavant, les pelouses d’Helvétie et d’Europe. A 36 ans, le Lucernois formé successivement au FC Adligenswil, au FC Lucerne puis aux Grasshoppers a décidé de raccrocher les crampons et ce sont de nombreux flancs droits de diverses pelouses qui sont orphelins d’un de ses meilleurs spécialistes.

«La durée d'une carrière de footballeur est limitée dans le temps. J'ai eu la possibilité de jouer à haut niveau jusqu'à l'âge de 36 ans, a-t-il déclaré dans un communiqué de l'Association suisse de football, avant de répéter ses propos dans un live sur Instagram. Il est maintenant temps pour moi de m'engager sur une nouvelle voie. C'était une période magnifique que j'ai vraiment appréciée.»

«Lichti», c’est d’abord une fidélité, un amour de l’équipe de Suisse comme peu l’auront été. Il a porté le maillot de sa «Nati» à 108 reprises (ajoutez-y 63 apparitions entre les moins de 15 ans et les U21) et ils ne sont que deux à le surpasser au nombre de sélections: les mythiques Heinz Hermann (118 capes) et Alain Geiger (112). Lichtsteiner a joué pour la première fois avec le paletot rouge à croix blanche le 15 novembre 2006 et une défaite 1-2 contre le Brésil. La dernière fois, c’était la partie décisive qui a ouvert la voie de l’Euro aux siens, à St-Gall, contre la Géorgie (1-0).

Deux Mondiaux et deux Euros

Celui qui a toujours été un peu plus qu’un latéral droit – il n’était pas rare de le retrouver en position d’ailier gauche au terme de certaines actions... – a joué deux Coupes du monde et deux Championnats d’Europe, portant le brassard de capitaine à 28 reprises. Il n’avait pas forcément besoin de cette distinction pour s’impliquer à fond dans les groupes de Vladimir Petkovic, Ottmar Hitzfeld ou de feu Köbi Kuhn. Le néo-retraité, parfait trilingue (au moins), faisait aussi le trait d’union entre les générations et les cultures, allant même, un soir de campagne de Russie contre la Serbie, à oser lui aussi un «Aigle avec les mains», qui a tant fait couler d’encre.

«Chaque tournoi a été un événement incroyable. J'ai toujours ressenti des frissons. C'est dommage d'avoir manqué de justesse les quarts de finale dans chacune des trois dernières phases finales de ces compétitions au plus haut niveau, a-t-il analysé. Jouer plus de 100 matchs internationaux pour son pays représente une certaine fierté. Chaque match a été un honneur. En terme de nervosité, chaque rencontre a été vécue comme la première.»

En club également, la carrière de Stephan Lichtsteiner est quasiment unique dans l’histoire du football suisse. Après avoir fait ses gammes à GC jusqu’en 2005, il a choisi d’aller grandir en Ligue 1 et de jouer pendant trois ans avec le Lille OSC. Il y découvrira la Ligue des Champions et aussi une certaine adresse devant le but, inscrivant cinq réussites lors de son dernier exercice français. De quoi lui faire une bonne réputation au niveau continental et lui ouvrir les portes des grands clubs.

Razzia avec la Juve

Là encore, il fait un choix judicieux et signe à la Lazio, où il gagnera bien vite l’amour des fans et un surnom, «Forrest Gump», qui peut prêter à sourire. Son plan de carrière est parfait et le Suisse s’engage avec la Juventus en 2011. C’est là où il empilera les titres: sept Scudetti, quatre Coupes d’Italie, qu’il faut ajouter à la Coupe déjà gagnée avec la Lazio et au trophée de champion de Suisse glané avec GC en 2003.

Sa carrière s’est terminée en pente douce, avec une saison plus que moyenne à Arsenal et un baroud d’honneur mitigé à Augsbourg. Restera l’image d’un joueur qui n’a jamais triché, qui n’a pas jamais non plus réussi à mettre sa langue dans sa poche. On est quasiment sûr que sa retraite permettra à certains arbitres de se soigner les tympans... Stephan Lichtsteiner aurait aimé finir sur l’Euro 2020, le coronavirus en a décidé autrement. La succession est heureusement assurée, avec notamment Kevin Mbabu.

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4 commentaires
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keltia

12.08.2020 à 15:22

Dans une équipe suisse dans laquelle les joueurs de souche étrangère ont fait leur place grâce à leur volonté, il était l'un des rares "suisses" qui avait toujours pendant 90 minutes l'envie, la rage et la volonté, ce qui n'est pas forcément dans notre nature profonde. Ce fut probablement le meilleur de nos joueurs pendant plusieurs années. A placer au panthéon du foot suisse en bonne compagnie. Merci pour tout et longue nouvelle vie.

tickethai

12.08.2020 à 12:24

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