Actualisé 03.05.2018 à 08:58

NeuchâtelLignières: «On a empoisonné mes trois poneys!»

Si «Trésor» et «Kuckunniwi» ont survécu, le mâle «Spirit» a dû être euthanasié. Qui a déposé de la mort-aux-rats dans une écurie de Lignières? L’enquête est en cours.

par
Vincent Donzé
Soignés à Bretiège (BE), «Trésor» (14 ans) et «Kuckunniwi» (6 ans) ont retrouvé, hier, leur écurie à Lignières (NE).

Soignés à Bretiège (BE), «Trésor» (14 ans) et «Kuckunniwi» (6 ans) ont retrouvé, hier, leur écurie à Lignières (NE).

Le Matin/Jean-Guy Python

Un poney euthanasié, deux autres sauvés: affectivement, le bilan est lourd à Lignières (NE) pour Laurence Sprunger. «Je ne suis pas seulement fâchée, je suis dégoûtée!» assène-t-elle. Son bonheur de retrouver «Trésor» et «Kuckunniwi» à l’étable est assombri par la mort de «Spirit», le mâle de 12 ans. «On a empoisonné mes trois poneys», accuse-t-elle.

Un bidon de céréales, de pommes ou de carottes contenant de la mort-aux-rats a-t-il été déposé dans leur enclos? Tout porte à le croire. «Les deux chevaux n’ont rien ingurgité de malsain, contrairement aux trois poneys en stabulation libre», remarque Laurence Sprunger pour qui l’empoisonnement des poneys est intentionnel, pas accidentel.

Mardi matin, l’état des poneys était inquiétant. «Ils tremblaient, transpiraient, peinaient à marcher et bavaient de la mousse», rapporte leur propriétaire. Un détail l’a frappée: «Ils avaient les lèvres roses». Cette particularité l’a mis sur la piste de la mort-aux-rats, et pas d’un désherbant liquide, style Roundup.

«RIP mon «Spirit», a écrit Laurence Sprunger sur son profil Facebook, l’état du mâle ayant conduit à son euthanasie. Hier après-midi, elle a récupéré les deux survivants chez Mirjam Studer, vétérinaire à la clinique Equivet de Bretiège (BE). «J’ai cru que «Kuckunniwi» ne survivrait pas», indique cette professionnelle, en évoquant le poney appartenant à Océane et Tessie, les deux filles de la cousine de Laurence Sprunger.

Pour Mirjam Studer, l’usage de mort-aux-rats ne fait aucun doute. «C’est répugnant: «Kuckunniwi» voulait mourir», dit-elle. Les poneys soignés avec du charbon et de la vitamine K font des crottins noirs, mais rien n’empêchait leur retour à Lignières, hier après-midi.

Au centre équestre de Lignières, Thierry Gauchat ne cède pas à la psychose après avoir appris la mésaventure de sa voisine. «Étant situé au milieu du village, je suis davantage protégé», indique ce cavalier. Mais la vigilance prévaut: la police sait formellement qu’un chien a été empoisonné et que d’autres peuvent avoir subi le même sort.

L’enquête n’est pas au point mort. Mais la première préoccupation de Laurence Sprunger, c’est de remettre les rescapés sur pattes. «Gardez-les sous contrôle», a conseillé la vétérinaire. La paille fraîche est bannie pour ces poneys de compagnie.

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