16.02.2015 à 15:42

footLigue des champions - Chelsea: Costa, artiste-bagarreur (MAGAZINE)

Londres, 16 fév 2015 (AFP) - Diego Costa, prolifique buteur de Chelsea, de retour contre le Paris SG en 8e de finale aller de la Ligue des champions mardi après une suspension pour brutalités, admet son goût du combat mais refuse l'étiquette de joueur violent.

"Je joue engagé, à la limite, mais avec correction, affirme l'attaquant de 26 ans. Ok, j'ai été impliqué dans un paquet d'incidents mais je n'ai jamais blessé personne gravement, et jamais exprès. Je suis un battant. Ceux qui apprécient ces valeurs comprennent. Je ne dis pas que je suis un ange mais je continuerai à jouer comme ça, car c'est mon jeu". Sa réputation grandissante de violence a pris une tournure différente fin janvier en Coupe de la Ligue contre Liverpool. Deux semelles spectaculaires, par excès d'engagement plus que méchanceté, lui ont valu trois matches de suspension. "Je suis habitué à encaisser les coups des défenseurs, mais moi aussi je sais me battre, tacler, même si certains pleurent au premier contact. Pour moi, ça s'arrête à la fin du match", assure-t-il encore. "C'est une plaie de jouer contre lui, je l'en félicite, l'encourage pourtant le consultant et ex-grognard de Manchester United Gary Neville. Il a le don pour énerver l'adversaire, mais l'idée que son comportement soit violent est absurde. Je suis étranger à ce concept de joueurs qui doivent être des modèles dans la vie et des saints sur le terrain". Pour son entraîneur Jose Mourinho, qui aime les guerriers et le caractère, son histoire personnelle explique en grand partie sa personnalité. "Il n'a jamais rien eu gratuitement, il a dû s'arracher. Du coup, il n'a peur de rien, il est prêt à tout", expliquait le Portugais à l'arrivée de Costa, en provenance de l'Atletico. International espagnol (7 sélections, 1 but) mais Brésilien de naissance, Costa a grandi dans une petite ville de ce Nordeste sinistré et n'a pas joué en club avant l'âge de 15 ans, alors qu'il avait rejoint Sao Paulo pour vivre comme vendeur. Débarqué ensuite au Portugal en 2005, il a connu encore huit clubs différents avant d'accéder à la reconnaissance avec l'Atletico Madrid en 2012, après avoir bourlingué et galéré. "J'ai commencé dans la rue. On apprend les grigris , mais également comment utiliser son corps, s'adapter. Pour survivre, la rue a ses propres règles. Quand je jouais contre mon frère, ça se finissait toujours mal entre nous. Le manque de formation classique a aussi des qualités: vous apprenez plus vite les petits trucs, vous devenez plus intelligent face aux plus grands", déclarait-il encore. Du coup, Diego, prénommé ainsi par son père en hommage à l'ennemi argentin Maradona, s'est mué en artiste-bagarreur. "C'est vraiment chiant de l'avoir sur le dos", se souvient son ex-coéquipier Damien Perquis, mi-admiratif, mi-critique. En Angleterre, où l'engagement est valorisé, Costa, qui s'est peut-être senti pousser des ailes après avoir été protégé par les arbitres en Espagne, est comme un poisson dans l'eau. Auteur de 17 buts en 19 matches de Premier League, il est affamé avant de rejouer, car son compteur européen est toujours bloqué, malgré huit buts et une finale de C1 lors de la précédente campagne avec les "Colchoneros". "C'est l'un des meilleurs buteurs du moment, est convaincu le Parisien Thiago Silva. Il peut jouer, mais aime aussi la bataille. C'est le genre à vous faire comprendre qu'il va vous rentrer dedans". "Si vous prenez une cible, ça se finit en bagarre et vous perdez de vue l'essentiel en vous laissant distraire. Silva et Luiz sont de grands défenseurs. Il y aura peut-être des contacts, des échanges mais cela ne fait pas partie d'un plan de ma part. C'est juste l'émotion dans le feu de la bataille", les a prévenus le buteur. cd/pgr/gv

(AFP)

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