30.10.2020 à 16:06

Enfant noyé dans le RhôneL’Illustré a failli au devoir de vérité

Le Conseil de la presse tance le magazine du groupe Ringier pour n’avoir pas donné la parole aux autorités mises en cause, après le décès tragique d’un enfant retrouvé noyé dans le Rhône à Genève.

L’organe d’autorégulation de la presse suisse a partiellement admis une plainte du Département genevois de l’Instruction publique.

L’organe d’autorégulation de la presse suisse a partiellement admis une plainte du Département genevois de l’Instruction publique.

KEYSTONE

L’Illustré a failli au devoir de rechercher la vérité lorsqu’il a évoqué l’affaire d’un enfant de quatre ans retrouvé noyé dans le Rhône à Genève en septembre 2019. Le magazine n’a pas donné la parole à des autorités mises en cause, critique le Conseil suisse de la presse (CSP).

Le décès tragique de l’enfant, vraisemblablement entraîné dans la mort par son père suite au conflit qui déchirait les parents depuis leur séparation, a créé une vive émotion à Genève, a rappelé vendredi dans un communiqué l’organe d’autorégulation de la presse suisse. Il a partiellement admis une plainte du Département genevois de l’Instruction publique.

La publication du groupe Ringier a rendu compte d’une «Marche blanche» organisée après le drame et donné la parole à l’avocate de la mère. Celle-ci a jugé que le système, et en particulier le Service de protection des mineurs du canton de Genève (SPMI), avait dysfonctionné. Dans un éditorial, le journaliste posait des questions et appelait à l’examen de ce «dysfonctionnement».

Dans leur plainte, les autorités genevoises s’en sont prises à l’éditorial et au fait que le journaliste n’ait pas cherché à recueillir les explications du SPMI. Cela aurait permis au journaliste de relativiser la responsabilité de cette institution et «d’établir la vérité des faits avant de donner son opinion».

Questions légitimes

Dans sa prise de position, L’Illustré a rejeté les reproches, faisant valoir que l’éditorial est un «espace de subjectivité» et que l’opinion du journaliste était essentiellement formulée sous forme de questions. Il a ajouté qu’il était légitime de poser la question de dysfonctionnements lors de la mort d’un enfant dans des conditions si dramatiques.

Même si formellement la partie plaignante a tancé l’éditorial plutôt que l’article, le CSP juge l’omission assez grave pour constituer une violation du chiffre 1 de la «Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste». La réaction du SPMI était une «composante indispensable» dans le traitement de cette affaire, affirme-t-il.

Le CSP relève néanmoins que l’éditorial, qui a soulevé des questions légitimes, reste largement dans les limites admises. Il n’a ainsi pas retenu la violation du chiffre 3 de la Déclaration ("donner comme telles les nouvelles non confirmées").

(ATS/NXP)

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