11.03.2012 à 18:16

L’image inamovible du Suisse travailleur

Vacances

Attentif aux menaces des milieux économiques, le souverain rejette l’initiative «Six semaines de vacances pour tous» et confirme que le travail demeure une valeur fondatrice.

Question vacances, les Suisses n'ont pas eu le courage de se jeter à l'eau.

Question vacances, les Suisses n'ont pas eu le courage de se jeter à l'eau.

Keystone

On pourrait gloser sur la névrose du labeur dont font preuve les Suisses, probablement l’un des seuls peuples au monde à se refuser des vacances. Le projet était pourtant loin du «Droit à la paresse » façon Paul Lafargue. Ou même des 35 heures à la française.

Inscrire six semaines de vacances dans la loi alors qu’une grande partie des travailleurs suisses en ont déjà cinq, voire davantage, n’aurait sans doute pas fossoyé l’économie d’un pays où la productivité de la main-d’œuvre a bondi de 20% en deux décennies.

Mais le projet souffrait de plusieurs handicaps. D’abord ces six semaines symbolique ne répondaient qu’indirectement aux difficultés des travailleurs. Les menaces de dumping sur les salaires, la pénibilité du travail ou encore le manque de souplesse sur les horaires sont bien plus prégnants pour nombre d’employés.

La prospérité d'abord

Surtout, les milieux patronaux et la droite ont mené une campagne à grands renforts de moyens et de slogans, brandissant le spectre du chômage. Un mal dont la Suisse souffre peu en comparaison européenne. Mais la crise majeure qui frappe plusieurs pays du continent menace la sécurité de l’emploi en Suisse.

La gauche a défendu vaillamment son projet, tout en reconnaissant, en aparté, que le moment était mal choisi. Les petites et moyennes entreprises ont achevé de tuer le texte en mettant l’accent sur le surcroit de stress pour les travailleurs.

L’esprit rationnel du souverain suisse renvoie cette initiative dans la remise, déjà immense, des initiatives mortes pour réduire les jours de travail en Suisse. Qu’on se le dise, les Suisses restent des travailleurs acharnés et la prospérité basée sur le travail reste l’une des plus puissantes identifications collectives de ce pays.

Berne, Patrick Chuard, Newsnet

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