Interdiction: L’incompréhension du tennis amateur
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InterdictionL’incompréhension du tennis amateur

Alors que les skieurs s’agglutinent au bas des pistes, les amateurs de tennis estiment qu’ils peuvent jouer en simple sans risque.

par
Eric Felley
Le canton de Vaud avait fait une exception pour les parties de tennis en simple en fin d’année dernière, mais les mesures de la Confédération ne le permettent plus.

Le canton de Vaud avait fait une exception pour les parties de tennis en simple en fin d’année dernière, mais les mesures de la Confédération ne le permettent plus.

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Alain Peeters est professeur de tennis au Centre FairPlay à Puidoux (VD). Depuis le début janvier il a dû renoncer à donner ses cours aux adultes à la suite des nouvelles mesures du Conseil fédéral: «J’ai encore une heure par jour avec un junior, car les moins de 16 ans ont le droit de jouer. C’est d’ailleurs assez piquant de voir que c’est la date d’anniversaire qui fait foi. Si le joueur passe la date fatidique, il ne peut plus venir au centre.»

Dans le canton de Vaud, le tennis a été interdit lors de la première vague durant neuf semaines. En mai 2020, les cours ont pu reprendre jusqu’en novembre, où il a fallu fermer trois semaines. Puis le canton de Vaud a appliqué une exception pour les parties de tennis en simple jusqu’à la fin de l’année, mais les mesures fédérales ont obligé les centres à fermer. «Ce qu’on ne comprend pas, c’est que nous jouons en moyenne à 20 mètres l’un de l’autre. Un court de tennis avec l’espace autour fait environ 600 m² avec une hauteur de plafond de 8 à 10 mètres, cela représente un volume d’air gigantesque. Les vestiaires sont fermés, nous avons mis du désinfectant pour les mains partout.»

Alain Berset interpellé

Jean-Luc Ecuyer, professeur de tennis sur la Riviera vaudoise, a écrit à Alain Berset pour tenter d’infléchir sa position: «Pouvez-vous m’expliquer la différence de risque entre la pratique du tennis - plus de 500 m2 et la plupart du temps environ 20 mètres de distanciation sociale - et la pratique du ski, où les gens se côtoient dans les remontées mécaniques, ou la pratique de l’équitation ou encore la possibilité d’aller chez le coiffeur?»

Il ajoute qu’en avril dernier, la Confédération avait permis l’ouverture anticipée des jardineries. La présidente la Confédération avait justifié cette décision parce que «le jardinage était bon pour la santé»: «Ne pensez-vous pas que la pratique d’un sport, où les risques sont quasi nuls par rapport aux activités encore autorisées, est aussi bonne pour le moral? L’État de Vaud avait fait une exception pour le tennis en novembre dernier, en autorisant uniquement les parties de simple tout en laissant les vestiaires fermés, un compromis intelligent dont vous pourriez vous inspirer».

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