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PréservatifsL'industrie du X menace de quitter Los Angeles

Face à l'obligation pour les acteurs de porno de porter des préservatifs, l'industrie du X et ses milliards de dollars de revenus imposables menacent de s'en aller.

par
Pascaline Sordet
Manifestation de l'association AIDS Healthcare Foundation.

Manifestation de l'association AIDS Healthcare Foundation.

Keystone

Los Angeles est devenue la première ville américaine à légiférer sur un sujet de santé publique singulier: le port obligatoire de préservatif sur le tournage de films pornographiques.

Mais ce texte est loin de faire l'unanimité au sein de l'industrie du X. Car les producteurs sont catégoriques, leur public refuse d'apercevoir un préservatif à l'écran. Selon eux, l'objet est jugé trop pragmatique dans un univers qui est censé susciter les fantasmes et l'excitation. Résultat, acteurs, producteurs et autre distributeurs menacent de faire leurs valises et de quitter la ville.

La menace n'est pas à prendre à la légère, elle est importante d'un point de vue financier dans une Californie en difficulté. La seule vallée de San Fernando, au nord de Hollywood, produit 90% des films pour adultes des Etats-Unis, selon une estimation de l'organe de presse spécialisé Adult Video News rapportée par Big Browser. Les revenus de l'industrie se monteraient à 8 milliards de dollars, une manne fiscale que l'Etat ne voudrait pas voir filer.

Christian Mann, directeur général d'Evil Angel, une pointure dans le milieu en est persuadé, le préservatif obligatoire est une très mauvaise idée. «Le seul résultat que la ville peut obtenir, c'est de faire fuir une partie de la production.» Pour lui l'affaire se résume à un principe simple d'économie libérale, «vous ne pouvez pas obliger une industrie à créer un produit dont le marché ne veut pas».

La ville avait pris les devants, après que l'association AIDS Healthcare Foundation eut annoncé en fin d'année dernière avoir réuni les signatures pour soumettre un texte imposant le port du préservatif dans l'industrie pornographique. L'association rappelle qu'en 2004, 2010 et 2011, les tournages avaient dû être suspendus plusieurs semaines après que des acteurs eurent découvert qu'ils étaient séropositifs. La loi californienne se contentait d'exiger «une protection» contre les maladies sexuellement transmissibles sur les plateaux.

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