Guerre en Ukraine  - L’insolente résistance de la monnaie russe malgré la pluie de sanctions 

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Guerre en Ukraine L’insolente résistance de la monnaie russe malgré la pluie de sanctions 

Après un effondrement historique dans la foulée de l’offensive en Ukraine, le rouble a retrouvé des couleurs grâce à la manne énergétique, mais cela ne présage pas de la santé réelle de l’économie. 

La monnaie russe, le rouble, résiste face aux grandes monnaies mondiales grâce à la manne des hydrocarbures. 

La monnaie russe, le rouble, résiste face aux grandes monnaies mondiales grâce à la manne des hydrocarbures. 

AFP

Fin février et début mars, le marché des devises s’est affolé à la suite de l’offensive militaire russe en Ukraine. Mais depuis, le rouble n’a cessé de se renforcer face au dollar et à l’euro. Pour les autorités, c’est une excellente nouvelle, le cours du rouble étant un indicateur très scruté par la population. Comment expliquer une telle performance, alors que des sanctions occidentales sans précédent s’empilent sur la Russie? 

Pétrole à flots

La réponse est à chercher du côté d’un excédent commercial sans précédent, selon Sofya Donets, économiste en chef pour la Russie chez Renaissance Capital. «Les importations en Russie ont décliné, tandis que les exportations sont solides, et avec des prix des hydrocarbures élevés, cela donne un surplus commercial estimé entre 20 et 25 milliards de dollars au mois de mars», un record selon l’économiste. 

Le pétrole et le gaz, principales exportations de la Russie, continuent de couler à flots, remplissant les caisses de la Russie. Pourtant, des annonces ont été faites. Washington a ainsi décrété un embargo sur le pétrole russe, l’UE une interdiction visant les secteurs des métaux. «Ce sont des annonces bruyantes, mais si on regarde les chiffres, cela ne concerne que 5% des exportations russes», note Sofya Donets. Tant que l’Europe, premier acheteur d’hydrocarbures russes, continue ses achats, d’importants revenus sont assurés à Moscou.

Contrôle des capitaux

Aux exportations robustes s’ajoutent des contrôles de capitaux draconiens introduits par la Banque centrale. Cette dernière s’est vue en effet frappée de sanctions inattendues: ses réserves de devises étrangères détenues à l’étranger, soit près de 300 milliards de dollars, ont été gelées. Or c’est de cette manne qu’elle se servait traditionnellement pour défendre la devise russe en cas de coup dur.

En vase clos

Pour compenser, toutes les entreprises exportatrices ont été contraintes de vendre 80% de leurs recettes d’exportation pour acheter des roubles. Les particuliers ont eux été limités à 10’000 dollars achetés par mois et l’on ne peut quitter le territoire avec plus de cette somme. Avec la plupart des transferts internationaux bloqués, et les étrangers interdits de vendre leurs actifs russes, le marché financier se retrouve en vase clos.

Rouble déconnecté

Ces contrôles de capitaux ont si bien fonctionné pour renforcer le rouble que vendredi, la Banque centrale a surpris en abaissant sans préavis son taux à 17%, après l’avoir doublé en urgence à 20% le 28 février. «Cela leur donne de l’espace pour se concentrer sur les problèmes domestiques», selon une note de Renaissance capital, à savoir trouver un équilibre entre l’inflation galopante et la récession qui se profile. La banque d’investissement prédit un pic de 24% d’inflation à l’été, avant le reflux.

(AFP)

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