Nucléaire: L’Iran a démarré des centrifugeuses à Natanz
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NucléaireL’Iran a démarré des centrifugeuses à Natanz

Depuis mai 2019, l’Iran s’affranchit progressivement de ses engagements, en riposte au retrait américain de l’accord signé en 2015 à Vienne et au rétablissement par l’administration Trump des sanctions.

les installations d’enrichissement atomique de la centrale nucléaire iranienne de Natanz.

les installations d’enrichissement atomique de la centrale nucléaire iranienne de Natanz.

AFP/archive

L’Iran a commencé à mettre en service les «centrifugeuses avancées» récemment déplacées dans une partie souterraine de l’usine de Natanz (centre), principal site d’enrichissement d’uranium du pays, a indiqué mercredi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Dans un rapport diffusé la semaine dernière, l’Agence onusienne avait fait état du transfert de ces machines, après l’explosion survenue sur une autre installation du site, qualifiée de «sabotage» par Téhéran.

Au moment de la publication du texte, «les opérations n’avaient pas débuté», a précisé le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, lors d’une conférence de presse au premier jour d’un Conseil des gouverneurs de l’AIEA.

«C’est le cas maintenant», a-t-il dit.

Selon les termes de l’accord signé en 2015 à Vienne, l’Iran n’est pas autorisé à utiliser des centrifugeuses aussi perfectionnées.

12 fois la limite autorisée

«Cela dépasse bien sûr les limites de l’accord JCPOA, mais il n’y a pas d’augmentation significative dans le volume (d’uranium enrichi) puisqu’elles étaient auparavant en service dans un autre endroit» du site, a souligné M. Grossi.

Depuis mai 2019, l’Iran s’affranchit progressivement de ses engagements, en riposte au retrait américain de l’accord signé en 2015 à Vienne et au rétablissement par l’administration Trump des sanctions.

La quantité d’uranium faiblement enrichi dépasse désormais de 12 fois la limite autorisée, d’après le dernier rapport de l’AIEA.

C’est après avoir pris connaissance de ce document que Donald Trump aurait sondé de hauts responsables américains sur la possibilité d’ «agir» contre un site nucléaire iranien, probablement Natanz, avait rapporté le «New York Times» plus tôt cette semaine.

Ces responsables «ont dissuadé le président d’aller de l’avant avec une frappe militaire», au vu du risque que cela dégénère rapidement en un conflit plus vaste, affirmait le quotidien.

Site suspect

Interrogé sur le sujet, M. Grossi s’est refusé de «spéculer sur une spéculation». «Nous n’avons reçu aucune information», a-t-il laconiquement commenté.

Le patron de l’AIEA est aussi revenu sur le site suspect du district de Turquzabad à Téhéran, dénoncé par le passé par le gouvernement israélien comme abritant des activités atomiques secrètes.

L’agence a récemment réclamé «des explications complètes et rapides de l’Iran concernant la présence de particules d’uranium anthropogénique (résultant d’activités humaines)».

«Ce qu’ils nous disent, d’un point de vue technique, ne tient pas la route», a expliqué Rafael Grossi.

«Ils doivent nous expliquer pourquoi nous avons trouvé ce que nous avons trouvé».

(AFP/NXP)

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