Relations internationales : L’Iran et la Russie critiquent Londres et son arsenal nucléaire
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Relations internationales L’Iran et la Russie critiquent Londres et son arsenal nucléaire

Les deux pays ont dénoncé mercredi la décision du Royaume-Uni d’augmenter le plafond de son arsenal nucléaire.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et les puissances européennes ont déclaré que des pourparlers avaient abouti à un accord sur la réduction du programme nucléaire iranien, le 2 avril 2015 à l'Ecole polytechnique fédérale de Suisse (EPFL) à Lausanne.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et les puissances européennes ont déclaré que des pourparlers avaient abouti à un accord sur la réduction du programme nucléaire iranien, le 2 avril 2015 à l'Ecole polytechnique fédérale de Suisse (EPFL) à Lausanne.

AFP

L’Iran et la Russie ont critiqué mercredi la décision du Royaume-Uni d’augmenter le plafond de son arsenal nucléaire – une première depuis la chute de l’Union soviétique –, Téhéran dénonçant une «hypocrisie» et Moscou une atteinte à la stabilité mondiale.

Le Royaume-Uni a annoncé mardi son intention de porter son arsenal nucléaire de 180 à 260 ogives d’ici la fin de la décennie, au terme de sa revue stratégique en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère, la première depuis la sortie complète du pays de l’Union européenne.

Londres a critiqué à plusieurs reprises l’Iran pour avoir repris certaines parties de son programme nucléaire civil auquel il avait renoncé dans le cadre d’un accord international conclu en 2015 mais dénoncé unilatéralement trois ans plus tard par l’ancien président américain Donald Trump.

«Hypocrisie totale»

«Faisant preuve d’une hypocrisie totale (Boris Johnson déclare être) préoccupé (par les capacités nucléaires de l’Iran mais) annonce que son pays va augmenter ses stocks de bombes atomiques», a tweeté le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, dans la nuit de mardi à mercredi.

«Contrairement au (Royaume-Uni) et à ses alliés, l’Iran considère que les bombes atomiques et toutes les (armes de destruction massive) doivent être éradiquées», a ajouté le ministre des Affaires étrangères iranien.

Le Royaume-Uni s’est également attiré les critiques de la Russie après la publication de son rapport qui érige aussi Moscou en menace majeure pour le pays et témoigne d’une volonté de se focaliser sur la région indo-pacifique.

«Nous regrettons beaucoup que le Royaume-Uni ait choisi la voie de l’augmentation de ses armes nucléaires», a relevé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. «Cette décision nuit à la stabilité mondiale et à la sécurité stratégique», a-t-il ajouté.

Mercredi, le Royaume-Uni a insisté sur le fait que l’augmentation du nombre d’ogives était le «minimum» nécessaire pour maintenir sa capacité de dissuasion nucléaire.

Paris «respecte» la décision de Londres

La France, elle-même puissance nucléaire, «respecte pleinement» la décision du Royaume-Uni d’augmenter le plafond de son arsenal nucléaire et «partage» l’analyse de la menace qui l’a motivée.

«La décision du Royaume-Uni, partenaire stratégique et puissance alliée de la France, d’augmenter le plafond de son arsenal nucléaire est une décision souveraine. Nous la respectons pleinement», a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

La décision de Londres prend le contrepied d’objectifs internationaux de lutte contre la prolifération, quelques semaines après qu’Américains et Russes se sont entendus sur la prolongation d’un traité de limitation des armes nucléaires.

«Opportunisme prédateur»

Mercredi, le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a désigné la Russie et l’Iran, ainsi que la Corée du Nord, comme des Etats coupables d’ «opportunisme prédateur».

«Nous nous assurons que nous pouvons maintenir, au minimum, une dissuasion crédible», a déclaré Dominic Raab lors d’une allocution virtuelle au Forum sur la sécurité d’Aspen, aux Etats-Unis. «Nous voulons voir un monde sans armes nucléaires mais je ne pense pas que cela se produira en renonçant unilatéralement à l’ultime politique d’assurance dont nous avons besoin et, avec respect, dont les Etats-Unis ont besoin», a-t-il ajouté.

Aux termes du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), entré en vigueur en 1970 et dont il est membre, le Royaume-Uni est l’un des rares Etats reconnus comme étant «dotés d’armes nucléaires».

Egalement signataire de ce texte, l’Iran appartient à la catégorie des «Etats non dotés d’armes nucléaires» et qui se sont engagés, par ce traité, à n’en jamais «fabriquer ou acquérir».

Course aux armements nucléaires

L’article VI du Traité engage chacun des signataires à «poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire».

L’Iran nie toute ambition de fabriquer la bombe atomique, bien que son ennemi juré, Israël, qui est largement soupçonné de maintenir son propre arsenal nucléaire non déclaré, l’accuse de chercher à s’en doter.

L’accord nucléaire conclu à Vienne en 2015 avec l’Iran – que le Royaume-Uni et d’autres gouvernements européens cherchent à relancer, dans le sillage de l’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche – , était une tentative d’apaiser ces inquiétudes.

A la suite de la décision des Etats-Unis de se retirer de ce pacte et de déclencher une avalanche de sanctions économiques et financières contre la République islamique, l’Iran s’est affranchi, depuis 2019, de la plupart de ses engagements pris à Vienne et censés prouver qu’il ne cherche pas à obtenir la bombe atomique.

(AFP)

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