Chronique: Lire pour être libre
Publié

ChroniqueLire pour être libre

Le cycliste Stefan Küng est passionné de lecture. Il dévore entre 30 et 50 bouquins par année.

par
Stefan Küng
Lorsqu’il était enfant, Stefan Küng a été bercé par les contes de Grimm.

Lorsqu’il était enfant, Stefan Küng a été bercé par les contes de Grimm.

Instagram (@stefankueng)

C’était en 2017, sur le Tour du Benelux. J’étais parti l’un des premiers lors du contre-la-montre et j’ai dû attendre trois heures jusqu’à ce que le dernier coureur arrive. Alors, au lieu de rester le nez dans mon téléphone portable, j’ai sorti un bouquin - c’était «Unter Leuten», de Juli Zeh. C’est depuis ce jour-là que les journalistes savent que je suis un grand lecteur. Mais en fait ça a toujours été le cas.

Déjà petit, ma mère me lisait des livres avant de dormir. Ça a commencé par les contes de Grimm, dont je sais aujourd’hui que certains sont très brutaux et cruels. Enfant, je lisais la collection Die drei Fragezeichen. Et quand Harry Potter avait 10 ans, c’était mon âge aussi. Je les ai tous lus au moins trois fois, et aujourd’hui encore ça peut m’arriver.

‹‹J’adore les classiques, comme Friedrich Dürrenmatt et Hermann Hesse››

Stefan Küng

Au niveau littéraire, j’adore les classiques, comme Friedrich Dürrenmatt et Hermann Hesse. Mais j’aime aussi les livres de science-fiction, les biographies et les romans policiers. En fait, je change tout le temps - il y a une superlibrairie à Frauenfeld, grâce à laquelle je découvre plein d’œuvres méconnues, de nouveautés. Je m’intéresse également beaucoup à l’histoire et, quand j’ai lu un livre sur un sujet, j’ai envie de le creuser avec d’autres. En ce moment, je me passionne pour l’après-guerre en Suisse. J’ai lu un ouvrage sur la première immigration, avec les Italiens, dans les années 1950; puis un autre sur l’histoire de la Thurgovie, où il est question d’une ancienne usine textile qui, aujourd’hui, est devenue une entreprise de serveurs informatiques - ça donne une excellente idée du temps qui passe.

Je lis entre 30 et 50 bouquins par année, dont la plupart sur les courses et pendant les stages d’entraînement. Ça me permet de décrocher, de penser à autre chose. Sur un Tour de France par exemple, tout le monde te parle tout le temps de la course - l’échappée du jour, la météo, le briefing, blablabla. C’est vélo, vélo, vélo, on n’en sort jamais. Alors j’aime avoir un livre avec moi, histoire de changer un peu le focus, de rester libre dans ma tête. Je m’arrête évidemment de lire pendant la théorie du directeur sportif, mais il est déjà arrivé que je sois un peu pris dans ma lecture au moment où la lumière s’éteint dans le bus et que Marc Madiot me dise: «Eh, Stefan, on commence.»

‹‹Sur les compétitions je prends plutôt des choses assez légères, des romans, des autobiographies››

Stefan Küng

Quand je suis en tension, je me rends compte que je dois parfois lire trois fois la même page pour la comprendre. Alors, sur les compétitions je prends plutôt des choses assez légères, des romans, des autobiographies - je viens de commencer celle de Steve Jobs. Ma copine est en train de lire un polar assez léger, je crois que je vais le lui piquer avant mon départ, jeudi prochain, pour la Belgique, où je courrai Het Nieuswblad le 27 février et Kuurne-Bruxelles-Kuurne le 28, puis l’Italie avec les Strade Bianche le 6 mars.

En général, je compte une centaine de pages par jour et, là, comme les magasins sont fermés, il va falloir que je prévoie mon stock. Pour mon anniversaire, ma copine m’a offert une lampe de lecture. Comme ça je pourrai continuer à lire le soir, pendant que mon compagnon de chambre dort.

Publiée dans «Le Matin Dimanche», cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Stefan Küng et Jolanda Neff.

Votre opinion