Actualisé 07.04.2018 à 14:26

Lisa Stansfield: «J’ai tué l’ambiance dans une soirée»

Interview

La chanteuse anglaise revient avec un nouvel album pop-soul efficace. À 51 ans, elle n’a rien perdu de sa gouaille!

par
Miguel Cid, Londres
«Je suis un peu kleptomane. Ne m’invitez pas chez vous, je risque de repartir avec des assiettes», Lisa Stansfield, 51 ans

«Je suis un peu kleptomane. Ne m’invitez pas chez vous, je risque de repartir avec des assiettes», Lisa Stansfield, 51 ans

LMS

Lisa Stansfield, qui êtes-vous?

Je ne suis pas une personne très sérieuse. Je le suis quand il le faut mais je me dis que si l’on peut être heureux la plupart du temps, pourquoi être sérieux?

Votre premier souvenir?

La scène se déroule dans l’arrière-salle de l’épicerie de mes parents. Je suis assise sur un tapis devant une cheminée à gaz. Et c’est tout dont je me souviens.

Étiez-vous une enfant sage?

Oui, j’ai été une enfant très sage jusqu’à 13 ans. Et puis j’ai commencé à travailler à la télévision et dans les clubs. Je me suis dit que je n’avais pas besoin d’être aussi sage. Et depuis, je suis devenue une vilaine fille! Mais je ne suis jamais méchante, juste malicieuse.

Dans l'enfance, quel fut votre plus grand choc?

Ce fut sans doute de quitter la maison parce que, toute petite, on déménageait souvent. Je pensais: «Oh, je vais encore déménager. Je dois aller dans une école différente et me faire de nouveaux amis.» Je me sentais bien quelque part et je devais partir.

Votre mère vous disait-elle «je t'aime»?

Tout le temps. Mon père partait souvent en Hollande pour le travail et je me retrouvais avec ma mère et mes deux sœurs. À la puberté, on se hurlait toutes dessus à longueur de journée mais on s’aimait. Après une dispute, on s’embrassait et on se faisait un câlin.

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

À la télévision. Je n’ai jamais eu un «vrai» boulot, contrairement à mon père.

Que vouliez-vous devenir?

J’ai toujours rêvé de faire le métier que j’exerce aujourd’hui. J’ai beaucoup de chance.

Votre premier amour?

C’était un garçon qui s’appelait David Johnson.

C'est quoi, le vrai bonheur?

Être à l’aise dans sa peau mais pas au point d’être trop satisfait de soi. Je pense que je suis heureuse parce que je suis en couple avec la personne que j’aime depuis très longtemps. Et je peux partager tout ce que j’ai avec lui. C’est ça, mon bonheur.

Votre plus belle qualité?

Mon rire, je suppose. Je suis quelqu’un d’assez enthousiaste. Si je me trouve avec des gens qui sont un peu fatigués de bosser, je raconte des blagues et j’essaie de leur redonner la pêche.

Votre plus grand regret?

Ce n’est peut-être pas le plus grand mais je me suis retrouvée à côté de Stevie Wonder et je ne lui ai pas dit bonjour parce que j’étais trop intimidée.

Avez-vous déjà volé?

Oh oui, j’adore voler des trucs. Je suis un peu kleptomane. Ne m’invitez pas chez vous parce que je risque de repartir avec des assiettes et vous n’y verrez que du feu!

Avez-vous déjà tué?

Probablement l’ambiance dans une soirée! (Rires.) J’ai tué des cafards dans une loge dégoûtante en Asie du Sud-Est. Je n’ai aucun problème à tuer des cafards.

Avez-vous payé pour l’amour?

Non, mais quand je serai vieille et seule peut-être que je le ferai. On ne sait jamais.

Déjà menti à votre mari?

Je peux dire honnêtement que non.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Je ne vais pas répondre mon mari parce que ça serait terriblement ennuyeux. Je choisirais probablement quelqu’un qui nous a quittés, comme Billie Holiday.

Qui trouvez-vous sexy?

Mon mari, bien sûr! Qui je trouve sexy? Ce sont toujours des gens qui sortent de l’ordinaire qui me plaisent. J’aime bien le type studieux.

Votre dernier baiser?

Pour ma sœur, ce matin. Tous les jours on se retrouve au parc pour promener nos chiens.

Vos dernières larmes?

En regardant les nouvelles ce matin. J’ai pleuré pour un homme qui a survécu à l’attentat de Manchester. Il était juste à côté de la bombe quand elle a explosé. Et il est déterminé à remarcher pour montrer aux terroristes qu’ils ont échoué. J’ai été touchée par cette leçon de courage.

De quoi souffrez-vous?

Vous n’êtes pas pressé, j’espère? (Elle rit.) De pas grand-chose en réalité. J’ai horreur d’être coincée dans un bouchon. Je passe la moitié de mon temps dans le trafic parce que je voyage beaucoup pour le job.

Déjà frôlé la mort?

Jamais. Remarquez, on la frôle peut-être souvent sans même le savoir. Mieux vaut ne pas y penser.

Croyez-vous en Dieu?

Je crois en quelque chose mais pas en une religion institutionnelle. Je trouve triste que des gens pensent que leur Dieu est meilleur que le Dieu d’autres personnes. Cela peut inciter certains à faire des choses horribles.

Votre péché mignon?

Le chocolat. Je ne peux pas en manger en ce moment parce que je pars en tournée et je suis privée de produits laitiers. Alors je me rabats sur des bonbons à la gélatine parfumés au prosecco.

Un livre, un disque que vous emportez sur une île déserte?

«Jane Eyre» de Charlotte Brontë et «What’s Going On» de Marvin Gaye.

Combien gagnez-vous par an?

Je ne sais pas parce que certaines années je travaille plus que d’autres.

Pensez-vous gagner assez par rapport au travail fourni?

Quand je travaille vraiment dur, oui.

Qui sont vos vrais amis?

Mes sœurs, mon mari, mon père et mon manager, Rachel, qui est comme une sœur. Gayle, une amie d’école, aussi. Je leur fais entièrement confiance. Si j’avais des ennuis, je sais qu’ils prendraient soin de moi.

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Qu’ils soient obligés de m’écouter chanter toute la journée!

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Mon manager, Rachel.

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