Euro 2020 - L’Italie peut donner un coup de main à la Suisse
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Euro 2020L’Italie peut donner un coup de main à la Suisse

La presse italienne demande à sa Nazionale de jouer le coup à fond contre le Pays de Galles dimanche (18h00). Cela pourrait bien arranger la sélection de Vladimir Petkovic.

par
Valentin Schnorhk
(Rome)
L’Italie de Roberto Mancini va-t-elle réserver au Pays de Galles le même sort qu’elle a infligé à la Suisse de Vladimir Petkovic?

L’Italie de Roberto Mancini va-t-elle réserver au Pays de Galles le même sort qu’elle a infligé à la Suisse de Vladimir Petkovic?

AFP

«Le petit biscuit? Bon au petit-déjeuner, indigeste dans le football.» L’expert de la question est Zdenek Zeman, ancien entraîneur de la Lazio, la Roma ou encore Lugano (en 2015-16), dans sa chronique de samedi dans La Gazzetta dello Sport. Le petit biscuit, c’est le biscotto. Le lexique italien du football a ses jolies métaphores, ses expressions qu’il faut comprendre. Celle-ci se réfère à l’arrangement gentillet entre amis: «on se partage le biscuit», autrement dit. En Italie, ça ne plaît pas. La Gazzetta l’a fait savoir en une.

Elle attend que sa Nazionale – qui avait été victime d’un biscotto en 2004, lorsque Suède et Danemark devaient faire 2-2 au troisième match pour l’éliminer – joue le coup à fond contre le Pays de Galles dimanche, qu’elle ne lève pas le pied pour se contenter d’une deuxième place qui ne la dérangerait pas. Elle éviterait de rencontrer éventuellement la Belgique en quarts de finale, puis la France en demi. Ou sinon, il y a le match nul qui fige les positions au classement, mais qui convient aux deux équipes: l’Italie assurerait sa première place, le Pays de Galles celle juste derrière.

Et puis, il y a l’autre option, celle qui plaît aux romantiques. Ainsi qu’à l’équipe de Suisse. La sélection de Roberto Mancini, si distinguée sur ses deux premiers matches, continuerait sur sa lancée, éblouirait une troisième fois son public. Et passerait un certain nombre de buts à un adversaire qui n’a pas plus de raison de lui résister que la Turquie et la Suisse, toutes deux battues 3-0.

Un tournus italien

Cette éventualité arrangerait bien l’équipe de Vladimir Petkovic. À condition qu’elle gagne bien sûr. En cas de victoire contre la Turquie à Bakou dans le même temps, elle serait presque assurée de se qualifier pour les 8es de finale. Mais si elle parvient à remonter une différence de buts largement défavorable pour l’instant (-3 pour la Suisse, +2 pour les Gallois), elle pourrait même, dans le plus insensé des scénarios, aller chercher une 2e place qui soulagerait tout le monde. À l’heure actuelle, tout cela paraît fantasque.

Mais l’Italie, de son côté, jure qu’elle n’a pas prévu d’en faire moins dimanche. «C’est important de jouer pour gagner, cela est inscrit dans nos principes, promet Mancini. Pour moi, nous ne sommes pas dans une situation de biscotto, car cela existe quand un seul résultat répond au même objectif des équipes. Or, nous, nous sommes déjà qualifiés pour les 8es de finale.» Sourire malicieux. Comme pour dire qu’un résultat défavorable ne serait pas dramatique: «Ce ne serait pas humiliant de perdre, car nous avons déjà fait le boulot. Nous irons soit à Londres, soit à Amsterdam (ndlr: selon que l’Italie termine 1re ou 2e du groupe), et nous serons quoi qu’il en soit prêts.»

L’Italie jouera sans doute le coup à fond. Mais avec une certaine intelligence. Ce qu’il faut comprendre? Il y aura du tournus. Marco Verratti, par exemple, devrait débuter son Euro contre le Pays de Galles dimanche, probablement à la place de Locatelli. Andrea Belotti, présent en conférence de presse d’avant-match samedi, sera vraisemblablement titulaire en pointe de l’attaque, en lieu et place de Ciro Immobile. Pour ne citer que les plus marquants. «Nous devons changer quelque chose, car ce sera notre troisième match déjà, et en jouant à 18h00 sous 32 degrés, nous aurons besoin de joueurs frais», justifie Mancini. La Suisse lui fait confiance.

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