Euro 2020 - L’Italie s’en sort dans la douleur
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Euro 2020L’Italie s’en sort dans la douleur

Poussée en prolongations par une vaillante équipe d’Autriche, l’Italie a fini par s’imposer (2-1), non sans trembler jusqu’au bout. La voilà qualifiée pour les quarts de finale.

Matteo Pessina (au centre) inscrit le but du 2-0 pour l’Italie.

Matteo Pessina (au centre) inscrit le but du 2-0 pour l’Italie.

AFP

Longtemps neutralisée par une Autriche décomplexée et disciplinée, l'Italie l'a emporté samedi après prolongations (2-1), s'offrant un record de 31 matches sans défaite et surtout un quart de finale de l'Euro, vendredi à Munich, contre la Belgique ou le Portugal.

S'il était quasiment impossible aux Italiens de faire le déplacement jusqu'à Londres en raison des restrictions de déplacement liées au Covid, l'importante communauté transalpine de Londres était venue en masse à Wembley donner des airs de match à domicile à ce huitième. Entre l'hymne «Fratelli d'Italia» entonné à pleins poumons et la douceur de la météo, quoiqu'un peu plus fraîche qu'à Rome, pas grand-chose ne pouvait dépayser une Squadra Azzurra présentée comme l'une des grandes favorites de la compétition après un premier tour maîtrisé avec brio.

Le sélectionneur autrichien - mais de nationalité allemande et aux racines italiennes par son père –, Franco Foda avait cependant promis que son équipe jouerait à fond les «10% de chances» qu'il s'auto-accordait. Et ses hommes ont répondu présent. Malgré leur supériorité technique et une forte maitrise du ballon, les Italiens n'ont que rarement mis hors de position leurs voisins alpins.

Le triangle du milieu droit, Xaver Schlager - Konrad Laimer -Marcel Sabitzer a montré de belles choses dans l'utilisation du ballon, alors que Marko Arnautovic est resté pendant 97 minutes une menace latente dans l'axe de l'attaque.

Le milieu italien, dans lequel Marco Verratti avait finalement été préféré au coup d'envoi à Manuel Locatelli, s'est montré bien moins dominateur que contre les Turcs, les Suisses ou les Gallois en poule.

Les occasions de Nicolo Barella, sur un centre en retrait de Leonardo Spinazzola, mais bien repoussé du pied par Daniel Bachmann (17e), ou la frappe lointaine et flottante de Ciro Immobile, qui a touché l'extérieur de la lucarne (32e), ont traduit l'ascendant italien du premier acte. Mais les Azzurri sont rentrés assez frustrés aux vestiaires et pour la première fois sans mener au score dans cette compétition.

Ils ont d'ailleurs semblé perdre un peu le fil de leur jeu à la reprise, provoquant la colère d'un Roberto Mancini trépignant sur sa touche.

Chiesa et Pessina, les bourreaux

L'Autriche s'est enhardie, même si Arnautovic en a trop fait avant de dévisser complètement sa frappe (49e) ou si David Alaba a manqué d'un rien le cadre sur un coup-franc aux 20 mètres, trois minutes plus tard.

Peu après l'heure de jeu, le sang des tifosi s'est même glacé quand Arnautovic a marqué de la tête, mais c'était pour mieux acclamer la décision de la VAR, de longues secondes plus tard, qui a annulé le but pour un hors-jeu (65e).

Secouée, l'Italie a repris le contrôle du match mais malgré quelques timide tentatives, elle s'est retrouvée pour la huitième fois de son histoire dans une prolongation à l'Euro, un record absolu. Mais à force de plier, l'Autriche a fini par rompre au tout début de la prolongation.

Entré à la 84e, Federico Chiesa, magnifiquement servi par Spinazzola, s'est emmené le ballon pour tromper Bachmann d'une frappe croisée dans le petit filet (1-0, 95e).

L’ouverture du score de Federico Chiesa.

Juste avant la mi-temps de la prolongation, le même Pessina a profité d'un cafouillage dans la surface pour corser encore le défi (2-0, 105e).

Le deuxième but, inscrit par Matteo Pessina.

Pleine d'orgueil, l'Autriche a réduit le score à la 114e minute sur une tête plongeante de Sasa Kalajdzic (2-1, 114e), mettant fin à 1’168 minutes sans encaisser de but de la Squadra Azzura, qui a dépassé de 25 minutes son record précédent, établi entre septembre 1972 et juin 1974, avec 1’143 minutes, par Dino Zoff dans la cage.

La réduction du score de Sasa Kalajdzic.

Quatre ans après l'Euro 2016 et une Coupe du monde manquée, revoilà l'Italie en quarts de finale d'un grand tournoi. Comme en France, elle héritera d'un gros morceau au prochain tour avec les demi-finalistes du Mondial belges ou les tenants du titre portugais.

Un record pour Mancini

Ce samedi soir, Roberto Mancini a battu le record d'invincibilité pour un sélectionneur de l'équipe d'Italie avec un 31e match sans défaite. Le précédent record datait de plus de 80 ans, avec les 30 matches sans défaite sous les ordres de Vittorio Pozzo, entre 1935 et 1939. Un sélectionneur qui a offert à l'Italie ses deux premières étoiles mondiales (1934 et 1938).

La dernière défaite de l'équipe de Mancini remonte au 10 septembre 2018 contre le Portugal (0-1), en Ligue des Nations. Depuis ce revers, l'Italie a enchaîné 26 victoires et 5 nuls.

Le record absolu d'invincibilité, à l'échelle mondiale, est de 35 matches, codétenu par l'Espagne (2006-09) et le Brésil (1993-96, mais avec un revers aux tirs au but en finale de la Copa America en 1995).

Nommé en mai 2018, chargé de reconstruire l'équipe d'Italie après la qualification manquée pour le Mondial, une première depuis 60 ans, Mancini ne compte que deux défaites en 36 matches comme sélectionneur. Outre le Portugal, il a perdu contre la France (1-3) en juin 2018 pour son deuxième match sur le banc italien.

(AFP)

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