Conseil des Etats: «ll faut convaincre les Alémaniques de boire du vin suisse»
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Conseil des Etats«ll faut convaincre les Alémaniques de boire du vin suisse»

Le Conseil des Etats a rejeté une motion de Marianne Maret (PLR/VS) qui voulait obliger les importateurs à commercialiser aussi des vins suisses. L’occasion pour Guy Parmelin de lancer un plaidoyer à boire du vin local.

par
Christine Talos
Le conseiller fédéral Guy Parmelin a conseillé aux Romands de mieux vendre leur production outre-Sarine.

Le conseiller fédéral Guy Parmelin a conseillé aux Romands de mieux vendre leur production outre-Sarine.

Tamedia

La motion de Marianne Maret pour venir en aide au secteur de la viticulture n’a pas trouvé grâce aux yeux du Conseil des Etats. Le texte de la PDC valaisanne a été rejeté mardi par 25 voix contre 14. Il proposait de redonner aux vins suisses les mêmes chances sur le marché que les vins étrangers en obligeant les importateurs à commercialiser également des vins suisses. Une mesure à l’image de ce qui se fait avec succès dans la commercialisation d’autres secteurs de production agricole de notre pays, par exemple le fromage ou la viande de bœuf.

Marianne Maret, soutenue par une minorité de gauche, a rappelé que le secteur de la viticulture avait été durement impacté par la crise du Covid. Les pertes de marché sont en effet estimées à 40%, suite à la fermeture des principaux canaux de vente en Suisse. A cela s’ajoute un problème structurel: celui de la concurrence des vins étrangers.

Un contingent qui ne joue plus son rôle

Ce problème n’est pas nouveau et il a déjà été identifié. On y a répondu à l’époque en fixant un contingent, a reconnu de son côté Adèle Thorens (Verts/VD), au nom de la minorité. «Mais ce contingent, fixé à une période où on buvait bien plus, ne joue plus le rôle protecteur pour lequel il a été mis en place», a-t-elle souligné. La production locale est donc soumise à une concurrence particulièrement violente. D’autant que les pays voisins, à l’image de l’Italie, disposent de gros moyens pour promouvoir leurs vins à l’étranger et donc aussi en Suisse, a-t-elle prévenu.

La sénatrice a rappelé que des tarifs douaniers réduits appliqués dans le cadre du contingent pourraient être appliqués aux importateurs qui privilégient d’abord les vins suisses. Ceux qui ne souhaitent pas travailler avec les producteurs locaux ne bénéficieraient plus de conditions préférentielles.

Dans le camp adverse, les sénateurs ont reconnu que la viticulture était en grande difficulté. Mais la motion exigerait de renégocier les engagements pris par la Suisse à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Sans garantir pour autant une augmentation de la vente de vins suisses. En outre, il n’y a pas de problème structurel, puisque la Coop ou Denner proposent un large assortiment de bouteilles locales.

Les Suisses ne boivent pas assez local

L’ancien vigneron Guy Parmelin, aujourd’hui président de la Confédération, a de son côté recommandé de rejeter également la motion. Il a rappelé que depuis son entrée en vigueur, le contingent de 170 millions de litres en vigueur n’a jamais été complètement utilisé. En outre, Berne a déjà pris des mesures l’an dernier pour aider la viticulture via le déclassement du vin AOC en vin de table.

Pour le Vaudois, le problème se situe plutôt dans le fait que les Suisses ne boivent pas assez de vins locaux. «Il faut s’interroger sur le fait que sur 30 restaurants en Suisse alémanique, 29 ne proposent pas de vins helvétiques à la carte», a-t-il fait remarquer. «Même les Romands ne boivent que 50% de vins suisses». Le conseiller fédéral a donc enjoint les Romands à mieux promouvoir leur production outre-Sarine. «Il faut convaincre les Alémaniques de boire du vin rouge suisse au lieu de l’italien car il est excellent», a-t-il lancé.

Les sénateurs veulent un soutien contre le gel

Les sénateurs ont également transmis au Conseil fédéral une motion du National pour mieux soutenir les vignerons et les arboriculteurs contre le gel. Jacques Bourgeois (PDC/FR) avait déposé son texte en 2017, suite aux importants dégâts provoqués dans les vignes et les vergers au printemps cette année-là. Il demandait, entre autres, que la question de la participation de l’Etat au paiement des primes assurant les risques naturels soit étudiée. La Confédération avait pris en compte cette requête dans son projet de politique agricole 22+. Mais celui-ci a été renvoyé au gouvernement.

Le Conseil des Etats maintient cette demande de soutien.

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