Interview - Loana: «J’étais loin de me douter l’ampleur et l’impact de Loft Story»
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InterviewLoana: «J’étais loin de me douter l’ampleur et l’impact de Loft Story»

À 43 ans, la gagnante de la saison 1 du «Loft» n’a pas pu célébrer les 20 ans de l’émission comme elle le voulait à cause de la Covid. Pour nous, elle se remémore quand même les souvenirs du show qui a changé sa vie.

par
Fabio Dell'Anna
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Loana nous confie avoir plein de projets pour cette année et avoue toujours chercher l’amour.

Loana nous confie avoir plein de projets pour cette année et avoue toujours chercher l’amour.

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Loana à la sortie du Loft le 5 juillet 2001. 

Loana à la sortie du Loft le 5 juillet 2001.

AFP via Getty Images
Loana sur l’avenue escortée par la Grande Armée.

Loana sur l’avenue escortée par la Grande Armée.

Sygma via Getty Images

Elle rit. Beaucoup. Loana Petrucciani a mis derrière elle tous ses moments compliqués et ses mauvaises rencontres. «Aujourd’hui, je ne vois la vie que du côté positif», nous dit-elle au téléphone avec son accent chantant du sud de la France. Prête à prouver qu’elle a tourné la page, l’ex-lofteuse revient sur son «parcours atypique», son séjour en clinique à cause de la Covid et se confie sur ses souvenirs du «Loft», dont les 20 ans ont été célébrés le 26 avril dernier. Les bons comme les mauvais.

Vingt ans après «Loft Story», quels souvenirs gardez-vous de cette aventure?

J’ai envie de dire: déjà vingt ans? Je ne les ai pas vus passer. Ma vie a changé à ce moment-là. Toute cette année 2021 a été forte en émotion. Surtout en avril, mois pendant lequel j’ai fait beaucoup d’introspection sur ce qui s’est passé ces vingt dernières années. Ce 26 avril 2001 est la date mémorable de ma vie. Certains se souviennent de celle de leur mariage, d’autres de leur bac ou de leur permis de conduire: pour moi, c’est celle-ci. Depuis janvier, j’ai tendance à m’énumérer tout ce qui a été bon ou un peu moins sympa. Je me revois encore descendre de la voiture ne sachant pas du tout ce qui allait m’arriver. J’étais loin de me douter l’ampleur et l’impact de «Loft Story».

Vous n’avez aucun regret concernant votre participation?

J’ai des regrets dans ma vie, Mais, dans le «Loft», je ne regrette rien du tout. À refaire, je referais tout pareil. Si je devais y retourner, je pense que je ferais les choses à l’identique sans faire exprès.

Quel a été votre moment le plus marquant?

Ma sortie. Quand les portes se sont ouvertes et que j’ai vu tout ce public avec des pancartes, des photos de moi en géant c’était incroyable. J’ai pu aussi retrouver ma maman et tous les lofteurs. Je me souviens encore de l’adrénaline lorsque je suis sortie de ce lieu où j’ai passé 70 jours. Je me suis tout pris en pleine figure, mais c’était que du bonheur. À ce moment-là je ne sais pas du tout ce qu’il se passait, j’étais juste contente d’être sortie du jeu. Tout d’un coup, je me suis retrouvée à rouler sur l’avenue avec la Grande Armée. (Rires.)

Pouvez-vous nous rappeler ce que vous avez gagné?

En tout, j’ai gagné 226 000 euros. Le premier prix devait être une maison qu’on devait remporter en couple. La production pensait réellement que les deux gagnants allaient être amoureux. Christophe et moi étions en duo, mais pas en relation. La chaîne n’allait pas acheter une maison pour un duo, elle a partagé la valeur du prix en deux. Il faut savoir que cet argent ne pouvait pas transiter sur notre compte. Ce montant devait être l’apport ou l’achat d’un bien immobilier. J’ai choisi un appartement à Paris et Endemol a transféré mon gain à l’agence immobilière.

C’était votre premier achat immobilier?

Oui. La propriété a coûté le double. J’ai donc fait un crédit à 23 ans. J’étais complètement folle, mais je me suis dit que j’allais y arriver. J’avais huit ans pour tout rembourser et finalement cela n’a pris que cinq. Cela signifie que tout l’argent que j’ai gagné grâce à mon premier livre, mon premier album et ma collaboration avec La Halle pour une collection de vêtements, est passé là-dedans. Je ne me suis jamais acheté de voiture ou de produit de luxe, je n’ai pas fait de voyages… J’ai tout sacrifié pour cet appartement.

Vous avez revendu ce bien?

Oui, en 2013. Je l’ai revendu 800 000 euros alors qu’il coûtait 400 000. Aujourd’hui, je n’ai plus rien.

Comment ça se fait?

Mon ex (ndlr.: Fred Cauvin) a pris les codes de mes cartes bleues et a fait des détournements financiers. En ce moment, il ne me reste plus beaucoup.

Avez-vous porté plainte?

Oui, le procès aura lieu bientôt. Cela a été un long processus. J’avais déjà porté plainte car l’an dernier lors de mon anniversaire (ndlr.: 30 août), il m’a fait trente hématomes et m’a frappée pendant quatre heures. Une fois, il a même cassé la porte-fenêtre de chez moi pour me frapper en pleine nuit. J’ai quatre plaintes à son encontre.

Vous êtes encore en contact?

Non. On n’a plus de contact depuis l’année dernière. En principe je devrais toucher un peu d’argent.

Avez-vous des projets en cours?

J’ai sorti mon deuxième album, «Obsession», il y a quelques années. Je l’ai retravaillé et je vais le publier à nouveau le 5 juillet, date de ma sortie du «Loft». Dans le clip, on retrouvera des images de Loana avant et maintenant, ainsi que des passages de mes anciennes vidéos. Je vais aussi partir avec Eryl Prayer (ndlr.: sosie d’Elvis Presley) pour faire quelques spectacles à travers la France. Nous avons une heure de show et je vais notamment chanter «Comme je t’aime» et «Obsession», on partagera ensuite la scène et pour finir il y aura une séance de dédicace avec 50 CD offerts. Je vais aussi être directrice artistique d’un cabaret qui va ouvrir à Cannes. Pour le moment, c’est en travaux, mais j’espère que tout sera prêt pour septembre. C’est un peu le retour aux sources étant donné que j’étais danseuse dans une boîte de nuit à Cannes.

Avec tous ces beaux projets, vous allez l’air d’être très en forme.

Oui, ça va très bien. J’ai hâte que les projets se fassent.

Pourtant, vous venez de sortir de clinique?

Oui, j’y suis restée deux semaines. C’est pour cela que je n’ai pas été sur le plateau de l’émission des «20 ans de Loft Story». J’avais la Covid. C’était un très mauvais moment. J’ai fait un arrêt cardiaque, cinq jours de coma et j’ai eu une infection pulmonaire. J’ai perdu pas mal de poids aussi. Je suis passée de 74 à 69 kilos.

Est-ce que vous vous en êtes complètement remise?

Non. J’ai récupéré le goût 15 jours plus tard et l’odorat. Je respire bien, mais je suis rapidement fatiguée. J’étais dans le coma lors de l’enregistrement de l’émission des 20 ans de «Loft Story». Je n’y crois pas que j’ai raté le jour le plus important de ma vie, car j’avais la Covid. À ce moment-là, j’ai vu sur Internet que Sylvie Ortega (ndlr: l’ex-belle fille de Sheila. Loana l’accuse de lui avoir donné trop de médicaments) disait que je n’y étais pas allée car j’aurais demandé 30 000 euros et que la chaîne avait refusé.

Et c’est faux?

C’est dégueulasse, j’étais dans le coma. Avec Sylvie nous ne sommes plus en contact depuis longtemps. Elle a été la source de mauvais articles sur Internet. J’ai appelé les Lofteurs pour leur expliquer la situation. J’ai vraiment fait un arrêt cardiaque. Comme je dis, je n’ai pas une bonne étoile, mais une constellation. Les médecins m’ont dit: «Vous avez vraiment de la chance, on vous a récupérée de justesse.» Quand je me suis réveillée, j’étais encore intubée et aphone. C’était horrible. J’avais l’impression qu’on m’avait arraché les entrailles. Sur l’échelle de la douleur, après l’accouchement de ma fille, la Covid est en deuxième position. J’ai vraiment vécu un très mauvais moment. Mais cette expérience m’a encore plus ouvert les yeux. Je me suis dit que j’allais voir la vie du côté positif. Je vais laisser tomber les moments qui m’ennuient. Je veux simplement être heureuse.

Qu’est-ce qui vous rendrait encore plus heureuse aujourd’hui?

De rencontrer quelqu’un qui m’aime. Cela me manque. Je crois que je ne suis pas faite pour être seule. J’ai envie de me balader main dans la main, de m’endormir sur l’épaule de quelqu’un, j’ai envie de câlins, de bisous…

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