L’OFSP cherche un vaccin contre la variole du singe
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ÉpidémieL’OFSP cherche un vaccin contre la variole du singe

Il n’existe pas de produits spécifiques contre cette maladie, mais ceux contre la variole semblent efficaces. Problème: ils ont soit été détruits, soit sont interdits en Suisse.

par
Michel Pralong
Un vaccin de troisième génération contre la variole existe, autorisé en Europe mais pas en Suisse.

Un vaccin de troisième génération contre la variole existe, autorisé en Europe mais pas en Suisse.

Getty Images/iStockphoto

Un seul cas de variole du singe a pour l’instant été détecté en Suisse. Pas de quoi paniquer, pourtant l’Office fédéral de la santé publique a reconnu se renseigner sur la possibilité de disposer d’un vaccin, au cas où. Sa vice-directrice Linda Nartey l’a expliqué à la télévision alémanique dimanche soir: «Les clarifications concernant la disponibilité et l’acquisition d’un vaccin sont en cours».

Sur son site, l’OFSP précise qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de vaccin contre cette maladie qui sévit généralement en Afrique et qui est subitement apparue dans de nombreux pays dans le monde où elle ne se propage habituellement pas. Mais, bonne nouvelle, «les vaccins contre la variole de première et deuxième générations, administrés dans le cadre du programme d’éradication de la variole, mené en Suisse jusqu’en 1972, apportent une protection efficace». Autrement dit, si vous avez été vacciné à l’époque, vous êtes protégé jusqu’à 85%, selon l’Organisation mondiale de la santé. Cela concerne donc les 50 ans et plus.

Resterait alors à vacciner les autres avec ces produits. Sauf que, non seulement ces vaccins de première et deuxième générations présentaient des effets indésirables mais, la variole ayant été officiellement éradiquée en 1980, les États ont été invités à détruire leurs stocks et les vaccins restants ont été confiés à deux laboratoires de sécurité, l’un aux États-Unis et l’autre… en Russie, explique France info, qui ajoute que la France disposerait toutefois d’un stock stratégique.

Mais une troisième génération de vaccin contre la variole existe. Enfin, plutôt un seul vaccin, l’Imvanex, développé par une société danoise, Bavarian Nordic, pour le compte du Ministère américain de la santé. Il a été autorisé en Europe en 2013 pour immuniser les adultes. Le hic, c’est qu’il n’est, pour l’instant, pas autorisé en Suisse. Ce vaccin, autorisé pour traiter également la variole du singe aux États-Unis n’a pas encore reçu ce feu vert en Europe. Ce qui n’a pas empêché l’Espagne de se préparer à en acheter plusieurs milliers de doses, non pas pour vacciner la population entière mais juste les cas contacts, écrit «El Pais». En France, la Haute Autorité de santé devrait publier des recommandations concernant la vaccination dès ce lundi 23 mai.

«Pas lieu de s’affoler»

Il ne sera donc peut-être pas évident pour la Suisse de se procurer rapidement un vaccin. Mais il n’y a «pas lieu de s’affoler outre mesure» face à l’éclosion de cette maladie, explique Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à l’Université de Genève dans «24 heures». «Et la disponibilité de traitements, si elle doit toujours être vérifiée, ne semble pas être la première priorité aujourd’hui». Même son de cloche en France: «Une vaccination a pour but d’éviter les contaminations ou les formes graves d’une maladie. Cela n’est pas le cas pour l’instant», a déclaré Antoine Gessain, virologue à l’Institut Pasteur, à France info.

Avec un taux de mortalité moyen de 3,6%, la variole du singe affecte particulièrement les enfants et les jeunes adultes ainsi que les personnes immunodéprimées.

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