Dépistage du Covid: L’OFSP envisage d’autoriser les autotests à domicile
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Dépistage du CovidL’OFSP envisage d’autoriser les autotests à domicile

La Confédération analyse la possibilité de permettre à tout un chacun de se tester soi-même, mais souligne aussi les inconvénients d’une telle stratégie.

par
Yannick Weber
Viselio

La population pourra peut-être bientôt se tester elle-même, à la maison. L’OFSP, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, a indiqué être en train d’analyser une demande de mise sur le marché de tels tests. Mais l’office fédéral ne montre pas un enthousiasme débordant pour cette solution pour autant.

Pas forcément la panacée

«Cette stratégie ne permet pas d’avoir un aperçu global de l’épidémie», a relevé Anne Lévy, directrice de l’OFSP. Si quelqu’un se teste chez lui, rien ne garantit que son résultat puisse être connu des autorités, dont les mesures de lutte dépendent intimement d’une connaissance précise de l’évolution de l’épidémie. «Si une personne qui se teste chez elle a un résultat positif, elle devrait de toute manière refaire un test dans un centre pour le confirmer», dit-elle. À l’inverse, un résultat négatif resterait hors des radars des autorités sanitaires.

«Jusqu’ici, ces tests avaient toujours une efficacité moindre par rapport aux tests PCR ou aux tests antigéniques rapides. Désormais, certains autotests antigéniques sont disponibles, c’est pour cela que, maintenant, nous analysons cette possibilité», note la directrice de l’OFSP.

Pour la directrice de l’OFSP, Anne Lévy, la stratégie d’autotest n’a pas que des avantages.

Pour la directrice de l’OFSP, Anne Lévy, la stratégie d’autotest n’a pas que des avantages.

La Confédération veut par contre miser de plus en plus sur les tests de masse. «Dix-sept cantons nous ont proposé des concepts pour les mener. Nous avons des experts qui se déplacent dans les cantons pour les mettre en place», a-t-elle ajouté. Ces tests permettent de détecter des porteurs asymptomatiques et ainsi éviter qu’ils ne disséminent le virus à leur insu.

La stratégie de tests de masse semble si prometteuse que le médecin cantonal zougois a annoncé que, désormais, son canton ne procéderait plus à la mise en quarantaine de classes entières dans les écoles. «Si un élève est testé positif, il ira en isolement, c’est normal. Mais les classes seront régulièrement testées et nous ne les enverrons plus en quarantaine générale», a-t-il dit.

La conférence de presse n’a pas donné lieu à des révélations fracassantes. Sur l’évolution de la situation épidémiologique, le constat reste le même. Les cas ne baissent plus, mais les hospitalisations et les décès, oui.

Une situation «plutôt bonne»

Pour Virginie Masserey, les effets futurs des réouvertures ne sont pas certains à l’heure actuelle.

Pour Virginie Masserey, les effets futurs des réouvertures ne sont pas certains à l’heure actuelle.

«On peut l’expliquer d’une part par le décalage entre la courbe des cas et celle des hospitalisations et des décès. Mais on voit également peut-être, et nous espérons que c’est de cela qu’il s’agit, que la vaccination des personnes à risque fonctionne et qu’il y a moins de formes graves qui se développent», a déclaré à son tour Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle des infections, qui a parlé d’une situation «plutôt bonne», tout en notant qu’à l’étranger, les réouvertures récentes ont souvent rimé avec nouvelle augmentation des cas.

La vaccination va pouvoir continuer à progresser. «Nous avons par exemple reçu 150’000 nouvelles doses hier», a dit Virginie Masserey. Environ 3% de la population est entièrement vaccinée et 20’000 doses sont administrées chaque jour.

Task force absente

L’OFSP est restée peu bavarde par rapport à la polémique autour de la task force scientifique, dont des membres participent régulièrement aux points presse. Une commission du National veut que ceux-ci ne puissent plus s’exprimer publiquement lors de ces rendez-vous devant les médias. Ce mardi: aucun des experts n’était présent. «Ce n’est pas en relation avec cette demande de la commission. Les experts sont présents environ toutes les deux semaines, et il est prévu qu’il y en ait la semaine prochaine», a expliqué le modérateur de la conférence de presse. Appelé à commenter la polémique, il n’a pas tremblé. «Nous ne faisons pas de commentaire politique. Le Parlement est en sessions pour trois semaines, et ce sujet y sera abordé», a-t-il dit.

Votre opinion

14 commentaires
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Jan Nemar

03.03.2021, 09:28

Ce sera aussi et surtout une opportunité pour des flemmards, de se tirer des flûtes à la maison et avoir des congés à l'œil. Il est indispensable d'avoir un contrôle permettant de savoir si c'est vrai que la personne est vraiment positive. Je n'ai aucun doute qu'il y aura des abus, et étonnamment, des annonces du vendredi ou du lundi matin.

chenad

03.03.2021, 04:23

Six tests salivaires ont été distribués à chaque parlementaire pour la session de printemps à Berne, car il n'existe pas de base légale claire pour ce qui est de les obliger à se faire tester avec le test rhino pharyngé... Ces tests salivaires ne sont pas à disposition du public ? Où est la base légale claire pour le citoyen qui doit se plier quant à lui au test rhino pharyngé, bien cher, sans rien pouvoir dire ?

Immunité globale

02.03.2021, 17:48

Ce que l’OFSP ne raconte pas est que pour toute personne « positive » il y a 90% de chance qu’elle aie déjà ou développer l’immunité comme vient de le décréter le labo Coronaimmunitas! Et vu qu’en printemps et été le virus sera amoindri (moins puissant) bon nombre de personnes pourront être immunisées naturellement avec un risque beaucoup plus faible !